Haïti : deux journalistes séquestrés à Port-au-Prince, le RENAJOUH appelle à leur libération
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Le Réseau national des journalistes haïtiens (RENAJOUH) a dénoncé ce vendredi 13 mars 2026 l’enlèvement de deux travailleurs de la presse dans la capitale haïtienne. Dans une note rendue publique le même jour, l’organisation indique avoir appris, à travers plusieurs médias en ligne, que les journalistes Osnel Espérance, de Radio Uni, et Junior Célestin, de Radio-Télé Méga Star, auraient été séquestrés au centre-ville de Port-au-Prince.

Selon le RENAJOUH, les deux professionnels de l’information auraient été capturés par des individus armés appartenant à la coalition criminelle connue sous le nom de « Viv Ansanm ». Les faits se seraient produits alors qu’ils se trouvaient dans la zone pour exercer leur métier, malgré les risques liés à la dégradation de la situation sécuritaire dans la capitale.
Dans sa déclaration, l’organisation de défense des journalistes souligne que les deux reporters « exerçaient leur profession en dépit de tous les dangers auxquels ils sont exposés dans le contexte actuel ». Le réseau rappelle également que le travail des journalistes reste essentiel pour l’information de la population et pour la promotion de l’État de droit en Haïti.
Le RENAJOUH lance ainsi un appel pressant en faveur de leur libération. « Nous sollicitons dans le plus bref délai la libération des otages afin qu’ils puissent regagner leurs demeures et retrouver leurs familles sains et saufs », affirme l’organisation dans sa note.
Par ailleurs, le réseau invite les autorités haïtiennes à assumer pleinement leurs responsabilités face à cette situation. Il estime qu’il est urgent que les institutions de l’État agissent afin de rétablir un climat de sécurité sur l’ensemble du territoire national.
Dans ce contexte, l’organisation interpelle directement plusieurs responsables gouvernementaux. Elle appelle notamment le ministre de la Communication, Emmanuel Ménard, ainsi que le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, également président du Conseil supérieur de la Police nationale (CSPN), à se prononcer rapidement sur ce dossier. Selon le RENAJOUH, leur silence pourrait être interprété comme une forme de tolérance face aux actions des groupes armés qui sèment la terreur dans le pays.
La note est signée par Jonas Montes, coordonnateur général du RENAJOUH, Djovanie Désinord, coordonnatrice adjointe, et Jocelyn Thierry Herby, conseiller de l’organisation.
Cette nouvelle affaire illustre une fois de plus les dangers auxquels sont confrontés les journalistes en Haïti, où la montée de l’insécurité et l’emprise des groupes armés compliquent fortement l’exercice du métier d’informer.
Léandro S Léonard
Djovany Michel est journaliste d’investigation, PDG et rédacteur en chef de Satellite509, média indépendant et sans subvention, spécialisé dans la dénonciation de la corruption et de la mauvaise gouvernance. Il est l’actuel secrétaire général du Réseau Haïtien des Journalistes Anti-Corruption (RHAJAC).
Spécialités : gouvernance, corruption, géopolitique
Basé entre Haïti et la République dominicaine.
