Haïti : gazoline +29 %, diesel +37 % – le parti politique EDE dénonce une décision « sans concertation » et accuse le pouvoir de favoriser ses alliés du secteur privé
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Une nouvelle hausse des prix des carburants en Haïti suscite des inquiétudes. Le parti EDE alerte sur ses conséquences directes sur le coût de la vie, dans un contexte déjà marqué par une inflation élevée et une forte insécurité alimentaire.
Le parti Les Engagés pour le Développement (EDE) a exprimé sa vive préoccupation face à la récente augmentation des prix des produits pétroliers en Haïti, soit 29 % pour la gazoline et 37 % pour le diesel et le kérosène, dans un communiqué de presse publié à Delmas le 6 avril 2026 par son Comité Directeur National.

Dans ce document, EDE affirme que cette décision a été prise « sans concertation suffisante et au mépris des voix crédibles et techniques du pays », estimant qu’elle risque d’aggraver considérablement les conditions de vie de la population.
Des indicateurs déjà au rouge
Gazoline : +29 %
Diesel : +37 %
Kérosène : +37 %
Inflation : 22,1 %
Insécurité alimentaire : près de 40 % de la population
Le parti souligne que cette hausse intervient dans un contexte socio-économique déjà critique. Selon EDE, elle entraînera un « effet en chaîne sur les prix des biens et services », accentuant la précarité des ménages dont les revenus restent inchangés.
Concrètement, cette augmentation devrait se répercuter sur le transport, les produits alimentaires et l’ensemble des services de base, aggravant la pression quotidienne sur les familles haïtiennes.
EDE déplore également que, pendant que le gouvernement multiplie les faveurs et subventions au profit d’amis et d’alliés du secteur privé, des millions de citoyens, notamment des déplacés internes, continuent de faire face à l’insécurité et à des conditions de vie précaires.
Le parti dénonce ainsi un choix économique qui « pèse lourdement sur les plus vulnérables », alors que des efforts pourraient être consentis en matière de rationalisation des dépenses publiques et de rééquilibrage des avantages accordés à certains acteurs.
En conséquence, EDE appelle les autorités à reconsidérer cette mesure et à privilégier des solutions plus équitables, notamment la protection des couches défavorisées, une meilleure gestion des ressources publiques et la mise en place de mécanismes durables de stabilisation des prix.
Le parti insiste enfin sur le fait que toute réforme des subventions, si elle s’avère nécessaire, ne doit pas se faire au détriment des populations les plus vulnérables, dans un contexte où la crise économique et sociale continue de s’intensifier en Haïti.
Djovany Michel est journaliste d’investigation, PDG et rédacteur en chef de Satellite509, média indépendant et sans subvention, spécialisé dans la dénonciation de la corruption et de la mauvaise gouvernance. Il est l’actuel secrétaire général du Réseau Haïtien des Journalistes Anti-Corruption (RHAJAC).
Spécialités : gouvernance, corruption, géopolitique
Basé entre Haïti et la République dominicaine.
