Haïti : le COAP-ONA dénonce une dérive grave de l’ONA et appelle à une mobilisation nationale et internationale
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Le Collectif des assurés et pensionnés de l’ONA (COAP-ONA) tire la sonnette d’alarme face à ce qu’il qualifie de « crise profonde » au sein des organismes de sécurité sociale, en particulier l’Office national d’assurance-vieillesse (ONA). Dans une lettre datée du 1er décembre 2025, le Collectif dénonce des « pratiques récurrentes de détournement » et une « mauvaise gestion des fonds destinés aux cotisants », qui compromettent, selon lui, l’avenir même de la protection sociale en Haïti.
Seulement 8 % des travailleurs couverts
Le COAP-ONA rappelle que les institutions comme l’ONA et l’OFATMA sont gangrenées « par des pratiques de mauvaise gestion des cotisations des assurés ». Selon le Collectif, cette situation entraîne un effondrement de la couverture sociale : « Aujourd’hui, moins de 8% des travailleurs haïtiens bénéficient d’une protection sociale effective », une réalité qu’il qualifie de « violation flagrante des droits fondamentaux des travailleurs ».




Une institution détournée de sa mission
Dans sa lettre, le Collectif accuse certains dirigeants d’avoir transformé l’ONA en un outil d’intérêts privés. « Sous l’influence d’un homme puissant de l’industrie de l’assurance locale, appuyé par des acteurs politiques, l’institution est détournée de son rôle originel », écrit-il. Le COAP-ONA affirme que « les prêts sont utilisés pour favoriser un cercle restreint placé sous leur contrôle » et que l’absence de gouvernance expose les assurés à une « vulnérabilité permanente ».
Atteinte à la Constitution et aux droits des assurés
Les représentants du Collectif soulignent également que cette déviation constitue une atteinte directe aux engagements constitutionnels du pays. « L’ONA n’est pas une entreprise privée ni un instrument politique : c’est une institution publique dont la mission est sacrée », rappelle le document, dénonçant une « violation flagrante de la Constitution haïtienne ». Le Collectif insiste sur la nécessité de protéger les ressources des travailleurs, « censées garantir une pension digne et une couverture sociale réelle ».
Appel à la solidarité internationale
Face à cette situation, le COAP-ONA affirme appeler à une solidarité internationale. « Nous sollicitons l’appui de la BID, de l’OIT, de l’Union Européenne et de l’USDOL », indique-t-il, appelant ces institutions à contribuer à « restaurer la transparence et la bonne gouvernance au sein de l’ONA ». Pour le Collectif, la mobilisation internationale est cruciale pour freiner la corruption et défendre les droits des assurés.
Demande de poursuites et enquête indépendante
Le Collectif interpelle également l’État haïtien. Il exhorte les autorités à « prendre toutes les dispositions nécessaires pour traduire en justice les auteurs et complices » des actes dénoncés. « Seule une action ferme et exemplaire permettra de rétablir la confiance », affirme-t-il, tout en exigeant « l’ouverture immédiate d’une enquête indépendante » et « la sanction exemplaire des responsables impliqués ».
Mobilisation nationale contre la corruption
Enfin, le COAP-ONA conclut en appelant les travailleurs, les organisations syndicales et toutes les forces vives à se mobiliser. « La corruption n’est pas une fatalité », écrit-il. « Elle doit être combattue avec courage et détermination pour que l’ONA redevienne un outil au service du bien commun. » La lettre est signée par plusieurs assurés et pensionnés, parmi lesquels Pierre Jacques François, Jasmin Wisler, Magguie Jean Pierre, Hyppolite Chrisnor et Casenave Germain.
Gerlanda F
Djovany Michel est journaliste d’investigation, PDG et rédacteur en chef de Satellite509, média indépendant et sans subvention, spécialisé dans la dénonciation de la corruption et de la mauvaise gouvernance. Il est l’actuel secrétaire général du Réseau Haïtien des Journalistes Anti-Corruption (RHAJAC).
Spécialités : gouvernance, corruption, géopolitique
Basé entre Haïti et la République dominicaine.
