Haïti : le journaliste Esaü César poursuit Pierre Espérance pour diffamation
3 min readLe journaliste Esaü César, connu sous le nom de « Ti Jan », a porté plainte pour diffamation contre le défenseur des droits humains Pierre Espérance. Il estime que les accusations l’associant aux gangs armés sont mensongères et attentent à son honneur. Accompagné de son avocat, Me Caleb Jean Baptiste, il affirme vouloir laisser la justice trancher, « conformément aux principes de droit ».
Un recours judiciaire pour diffamation
Le journaliste Esaü César a annoncé qu’il saisissait la justice après que Pierre Espérance l’a présenté comme un allié des groupes armés. Selon lui, cette déclaration porte gravement atteinte à sa réputation et ne repose sur aucun élément tangible. « Pa gen wout pa bwa », a-t-il affirmé, indiquant qu’il est déterminé à obtenir réparation devant les tribunaux.
Les reproches adressés à Pierre Espérance
Esaü César accuse le responsable d’organisations de défense des droits humains d’adopter un comportement récurrent d’attaques publiques non fondées. Il cite notamment « plizyè moun Pierre Espérance te chèche detwi », parmi lesquels l’ancien sénateur Joseph Lambert et l’homme d’affaires Chelson Sanon. Selon lui, ces accusations répétées ne sont jamais confirmées par des enquêtes policières.
Le journaliste se dit au service de la PNH
Pour réfuter toute proximité avec les gangs, Esaü César rappelle qu’il est « konsiltan anndan Polis Nasyonal d Ayiti » et membre de la 3e promotion de la PNH. Il affirme travailler directement avec les autorités policières et conteste toute possibilité d’être en même temps associé à des groupes criminels.
Des menaces de kidnapping évoquées
Esaü César soutient qu’il a été lui-même ciblé par des bandits, qui auraient envisagé de l’enlever aux côtés d’autres personnalités publiques, dont Luckner Désir, Guerrier Dieuseul et Johny Ferdinand. Selon lui, ces menaces, attribuées notamment au chef de gang Jimmy Chérizier alias « Barbecue », contredisent totalement les accusations selon lesquelles il serait un allié des groupes armés.
Un appel au respect de la justice
Le journaliste déclare que Pierre Espérance doit « respekte lajistis » et répondre de ses propos devant les autorités compétentes. Il estime que ce dossier doit servir d’exemple pour mettre fin aux accusations publiques non vérifiées : « La justice élève une nation », a-t-il rappelé.
La position de l’avocat Caleb Jean Baptiste
L’avocat d’Esaü César, Me Caleb Jean Baptiste, dénonce pour sa part une utilisation abusive du discours sur les droits humains pour attaquer des personnalités ou des groupes. Il affirme qu’aucun citoyen ne doit voir sa réputation détruite sans fondement et promet d’aller « jiskobou » dans cette procédure judiciaire.
Un dossier traité en citation directe
Selon l’avocat, l’affaire avance lentement car il s’agit d’« yon sitasyon dirèk koreksyonèl », une procédure nécessitant plusieurs étapes préalables avant d’être distribuée à un juge. Il assure néanmoins que le dossier suivra son cours jusqu’à ce que la justice se prononce sur les accusations de diffamation visant Pierre Espérance.
Gerlanda F.
Djovany Michel est journaliste d’investigation, PDG et rédacteur en chef de Satellite509, média indépendant et sans subvention, spécialisé dans la dénonciation de la corruption et de la mauvaise gouvernance. Il est l’actuel secrétaire général du Réseau Haïtien des Journalistes Anti-Corruption (RHAJAC).
Spécialités : gouvernance, corruption, géopolitique
Basé entre Haïti et la République dominicaine.
