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Haïti : le parti politique LOD Démokratik dresse un réquisitoire sévère contre le pouvoir d’Alix Didier Fils-Aimé, accusé d’agir au profit de son clan du secteur privé

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Le parti politique LOD Démokratik, basé à Port-au-Prince, a publié un communiqué de presse ce mardi 7 avril 2026, marquant « deux (2) mois supplémentaires dans l’échec manifeste de la gouvernance du pouvoir en place dirigé par » Alix Didier Fils-Aimé. Le document dénonce une continuité du pouvoir « en dehors de la volonté populaire, notamment après le 7 février 2026 », date considérée comme la fin du mandat du Conseil présidentiel de transition. Le parti estime que « digne héritier du CPT, Alix Didier Fils-Aimé s’est maintenu au pouvoir » sans légitimité populaire.

Dans ce communiqué, LOD Démokratik dresse un bilan qu’il qualifie d’« accablant ». Sur le plan financier, il évoque un « détournement présumé de fonds publics », citant l’octroi de « cent cinquante (150) millions de gourdes à des proches de sa famille politique », une affaire dénoncée par la Fondation Je Klere et transmise à l’Unité de Lutte Contre la Corruption. Le parti affirme que « le pouvoir en place est passé à l’acte, en utilisant les ressources de l’État à des fins partisanes ». Il critique également la signature de « contrats faramineux allant jusqu’à cinquante (50) ans », notamment pour la construction de prisons, qu’il qualifie de « véritable complot contre les intérêts du peuple haïtien ».

Le communiqué pointe aussi des décisions administratives et politiques controversées. Il dénonce « l’acquisition de grands immeubles à Pétion-Ville et à Delmas », interprétée comme une volonté « d’abandonner le centre-ville de Port-au-Prince aux groupes armés ». LOD Démokratik critique également des « révocations arbitraires », notamment celle du commissaire de police Jacques Ader, estimant qu’elle « illustre une volonté manifeste de sanctionner toute initiative susceptible de perturber les réseaux du chaos ». Sur le plan sécuritaire, le parti affirme qu’« aucune politique publique cohérente de sécurité n’a été mise en œuvre » et accuse les autorités de se contenter « d’attendre passivement l’arrivée de forces étrangères ».

Sur le plan socio-économique, LOD Démokratik condamne « la montée vertigineuse du prix du carburant à la pompe, décidée sans aucune consultation préalable avec la population ». Selon le parti, cette mesure « constitue une nouvelle preuve du mépris des autorités envers les réalités du peuple haïtien » et entraîne « flambée des prix des produits de première nécessité, hausse du coût du transport, affaiblissement du pouvoir d’achat ». Il déplore également l’absence de garanties pour des élections crédibles, affirmant que « rien n’a été entrepris pour poser les bases d’élections libres, honnêtes et inclusives ».

Le communiqué revient aussi sur la situation sécuritaire dans l’Artibonite, évoquant les « massacres perpétrés à Jean-Denis et à Savien ». Le parti souligne que « selon un bilan partiel, au moins quatre-vingts (80) personnes auraient été sauvagement tuées », dénonçant « l’effondrement de l’autorité de l’État » et « l’abandon des populations rurales face à la violence ». Il estime que ces événements « renforcent le sentiment d’insécurité planifiée » et mettent en évidence « l’urgence d’une réponse étatique sérieuse ».

Face à cette situation, LOD Démokratik « réaffirme ses convictions profondes » et déclare que « le pays mérite une gouvernance meilleure, fondée sur la neutralité, l’intégrité et le patriotisme ». Le parti insiste : « Il est impératif de redonner espoir à ce peuple meurtri » et « il est urgent de cesser de faire perdre du temps à la Nation ». Constatant qu’« aucun signe d’espoir tangible ne se profile à l’horizon », il appelle à « un sursaut national pour sauver la Nation ». Dans un ton mobilisateur, il conclut en affirmant que « les vrais patriotes doivent se rejoindre en vue de conjuguer et stopper ces dérives, au nom de la patrie commune », rappelant enfin son mot d’ordre : « Se LOD ki manke… ».

Léandro S Léonard

Djovany Michel est journaliste d’investigation, PDG et rédacteur en chef de Satellite509, média indépendant et sans subvention, spécialisé dans la dénonciation de la corruption et de la mauvaise gouvernance. Il est l’actuel secrétaire général du Réseau Haïtien des Journalistes Anti-Corruption (RHAJAC).

Spécialités : gouvernance, corruption, géopolitique

Basé entre Haïti et la République dominicaine.

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