Haïti : l’impunité sous haute protection — le banquier olinarco Olivier Barreau protège le fugitif Clifford Brandt
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Dans un pays où la justice a été capturée par l’argent sale et la corruption institutionnalisée, un nom cristallise aujourd’hui l’alliance toxique entre le pouvoir politique et les réseaux criminels : Olivier Barreau, président de la Banque de l’union haïtienne (BUH).
Cet homme d’affaires, dont l’influence s’étend jusqu’à la Primature, agit comme un véritable parrain de la haute criminalité financière et politique.
Le banquier du crime et le kidnappeur protégé
Selon plusieurs sources concordantes, Olivier Barreau, puissant banquier et trafiquant notoire de cocaïne, joue un rôle central dans la protection du fugitif Clifford Brandt, condamné à 20 ans de réclusion pour enlèvement.
Cette protection, assurée depuis les plus hautes sphères de l’État, repose sur ses liens personnels et commerciaux avec Fritz Brandt, cofondateur de la BUH et père du criminel en cavale.
Grâce à ce réseau, toute tentative de réarrestation de Clifford Brandt est systématiquement bloquée ou sabotée.
Un passé criminel sous silence des autorités locales
Rappelons que Clifford Brandt avait été arrêté le 22 octobre 2012 pour l’enlèvement de Coralie et Nicolas Moscoso, deux jeunes issus d’une famille de notables. Il s’était ensuite évadé une première fois le 10 août 2014 de la prison de Croix-des-Bouquets, avant d’être repris deux jours plus tard à Cornillon.
Mais c’est sa dernière évasion, survenue en 2024, qui symbolise l’effondrement complet de l’État de droit : depuis cette date, il vit librement sous la protection directe d’Olivier Barreau, sans qu’aucune autorité ne s’en émeuve.
Un pouvoir noyé dans le narco-système
Proche du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, Barreau est devenu intouchable. Ensemble, ils orchestrent une fusion entre les sphères financières, politiques et criminelles, où la BUH sert de façade légale à des opérations de blanchiment et de financement illicite.
Pendant que les institutions ferment les yeux, le pays s’enfonce dans un système où les kidnappeurs, trafiquants et politiciens corrompus se protègent mutuellement, au détriment de la population.
La République confisquée
L’affaire Brandt-Barreau illustre la banalisation du crime d’État. Elle révèle comment la corruption a absorbé toutes les structures du pouvoir haïtien, transformant la justice en simple instrument de protection des élites mafieuses.
En Haïti, la frontière entre les criminels et les dirigeants n’existe plus : le pouvoir est désormais détenu par une alliance de banquiers, de trafiquants et de politiciens sans scrupules.
Djovany Michel est journaliste d’investigation, PDG et rédacteur en chef de Satellite509, média indépendant et sans subvention, spécialisé dans la dénonciation de la corruption et de la mauvaise gouvernance. Il est l’actuel secrétaire général du Réseau Haïtien des Journalistes Anti-Corruption (RHAJAC).
Spécialités : gouvernance, corruption, géopolitique
Basé entre Haïti et la République dominicaine.
