Haïti : plus de 8 100 homicides en onze mois, l’ONU alerte sur une insécurité devenue structurelle
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La situation sécuritaire en Haïti demeure extrêmement préoccupante. D’après un rapport du Bureau intégré des Nations unies en Haïti (BINUH), plus de 8 100 personnes ont été tuées entre janvier et novembre 2025. L’ONU précise que ce chiffre est probablement sous-estimé, plusieurs zones du pays étant devenues difficilement accessibles en raison de l’emprise des gangs armés.
Le document, rendu public le 21 janvier, décrit une violence désormais enracinée dans le fonctionnement même de la société haïtienne. Les groupes criminels disposent d’armes de plus en plus sophistiquées et mènent des attaques coordonnées dans les quartiers urbains comme dans les zones périurbaines. Cette réalité traduit l’affaiblissement durable de l’autorité de l’État et la persistance d’une crise politique et institutionnelle profonde.
Si la région métropolitaine de Port-au-Prince reste l’un des principaux foyers d’insécurité, l’année 2025 a aussi été marquée par l’expansion des gangs vers d’autres régions. Cette progression a fortement perturbé les activités économiques, limité l’accès à l’aide humanitaire et accentué la fragilité des institutions publiques, notamment dans les départements situés hors de la capitale.
Pour le dernier trimestre étudié, allant du 1er septembre au 30 novembre 2025, près de 2 000 homicides ont été recensés. Bien que les Nations unies observent une légère baisse par rapport à la période précédente, elles estiment que cette évolution reste insuffisante pour évoquer une amélioration réelle et durable de la sécurité. Femmes et enfants figurent parmi les victimes, soulignant l’ampleur de la crise humaine.
Les forces de sécurité haïtiennes, avec l’appui des Forces armées d’Haïti et de partenaires internationaux, ont néanmoins intensifié certaines opérations. Ces actions ont permis de reprendre le contrôle de plusieurs axes stratégiques, facilitant ponctuellement la circulation et les échanges, sans toutefois enrayer la dynamique globale de la violence.
En parallèle, la situation s’est aggravée dans des départements comme l’Artibonite et le Centre, où le nombre de victimes a presque doublé par rapport à l’année précédente. Le rapport souligne également l’usage systématique de la terreur par les gangs : exécutions ciblées, violences sexuelles, enlèvements, extorsions et recrutement d’enfants, autant de pratiques qui paralysent les services essentiels, notamment la santé et l’éducation.
Intervenant devant le Conseil de sécurité des Nations unies, le représentant spécial du secrétaire général de l’ONU en Haïti, Carlos Ruiz Massieu, a appelé à des avancées urgentes sur les plans politique et sécuritaire. Selon lui, la stabilisation du pays et l’organisation d’élections crédibles ne peuvent plus être repoussées, alors que près de 6,4 millions de personnes dépendent aujourd’hui de l’aide humanitaire.