Haïti – RHAJAC dénonce l’abandon du journaliste Jocelyn Justin à Cuba : un scandale d’État
3 min readPrès d’un an après le drame du 24 décembre 2024, le journaliste Jocelyn Justin demeure bloqué à Cuba, sans assistance médicale ni soutien officiel. Grièvement blessé lors d’une attaque survenue près de l’Hôpital général de Port-au-Prince, il avait été transféré d’urgence pour des soins spécialisés. Aujourd’hui, selon le Réseau haïtien des journalistes anti-corruption (RHAJAC), il survit dans des conditions inhumaines, « sans toit, sans médicaments, sans nourriture ». Ce silence prolongé des autorités haïtiennes révèle, selon l’organisation, un mépris profond pour la vie humaine et pour la presse.
Invité officiellement à l’événement ce jour-là, le journaliste a été victime d’une violence qu’il n’a jamais cessé de dénoncer dans ses reportages. Pourtant, malgré les promesses répétées du gouvernement d’Alix Didier Fils-Aimé, aucune aide ne lui a été apportée. Le secrétaire général du RHAJAC, Djovany Michel, s’est insurgé contre cette indifférence qu’il juge « inacceptable et indigne d’un État républicain ». Selon lui, « ce dossier illustre la faillite morale d’un pouvoir cynique, déconnecté de la souffrance humaine ».
Pendant qu’un homme de presse lutte pour sa survie à l’étranger, l’État haïtien continue de gaspiller les fonds publics. D’après les révélations du RHAJAC, plus d’un million de gourdes auraient été dépensées en restaurants de luxe, tandis que des sommes faramineuses seraient dilapidées dans des opérations de façade ou versées à des groupes armés sous couvert de “paix nationale”. Ce contraste indécent entre la misère du journaliste et le luxe des dirigeants traduit, selon le réseau, une faillite morale et républicaine sans précédent.
Face à ce scandale, le RHAJAC appelle à une mobilisation citoyenne pacifique et exige une prise en charge immédiate de Jocelyn Justin par l’État haïtien. L’organisation réclame également une intervention rapide du Conseil présidentiel de transition (CPT) et la création d’un fonds d’urgence humanitaire pour les journalistes victimes de violences. Selon le RHAJAC, « il est temps de rompre avec l’indifférence et de replacer la dignité humaine au centre de l’action publique ».
Enfin, le réseau anticorruption tient les autorités personnellement responsables de toute aggravation de l’état de santé du journaliste, dénonçant un « abandon délibéré et criminel ». Pour le RHAJAC, le sort de Jocelyn Justin dépasse le cas individuel : il symbolise la dérive d’un État qui protège ses privilèges pendant que ses serviteurs les plus dévoués, ceux de la vérité, meurent dans l’oubli et le silence.
Djovany Michel est journaliste d’investigation, PDG et rédacteur en chef de Satellite509, média indépendant et sans subvention, spécialisé dans la dénonciation de la corruption et de la mauvaise gouvernance. Il est l’actuel secrétaire général du Réseau Haïtien des Journalistes Anti-Corruption (RHAJAC).
Spécialités : gouvernance, corruption, géopolitique
Basé entre Haïti et la République dominicaine.
