Haïti : soutien américain à une transition étouffée par la corruption et le blocage des drones kamikazes face aux chefs terroristes
2 min read
Alors que les terroristes poursuivent leur conquête du territoire haïtien et que les citoyens s’enfoncent dans la terreur, les États-Unis soutiennent fermement un Conseil présidentiel de transition (CPT) gangrené par la corruption. Le 1er août 2025, le Département d’État a salué la prétendue fermeté du CPT, tout en menaçant de sanctions ceux qui entraveraient la coopération avec le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé. Pourtant, ce dernier bloque l’utilisation des drones kamikazes contre les chefs terroristes, protégeant ainsi les têtes du terrorisme.
L’indignation est vive. Trois membres du CPT — Smith Augustin, Emmanuel Vertilaire et Louis Gérald Gilles — sont au cœur d’un scandale d’extorsion de 100 millions de gourdes lié à la Banque nationale de crédit. Vertilaire, lié à Pitit Desalin, a favorisé l’infiltration du ministère de l’Agriculture par Moïse Jean-Charles, qui a vendu ce portefeuille à Betty Lamy et Watson Sanon, lesquels mènent un trafic d’organes et de drogue sous couvert d’un commerce d’anguilles.
Malgré plus de 1 500 morts entre avril et juin 2025 et un contrôle territorial de plus de 85 % de la capitale par les terroristes, les autorités refusent toujours d’user de moyens efficaces pour désorganiser les réseaux. Pourquoi ce silence stratégique face aux chefs terroristes ? Pourquoi entraver les frappes ciblées pourtant cruciales pour la sécurité nationale ?
En réalité, Alix Didier Fils-Aimé a obtenu le soutien international en finançant des firmes de lobbying américaines. Il bénéficie aujourd’hui de la protection de Washington, notamment de l’ambassade des États-Unis à Port-au-Prince. Quelle incohérence ! Comment justifier que le pays qui sanctionne des acteurs corrompus ailleurs ferme les yeux sur les liens entre Fils-Aimé, les membres du CPT et les groupes terroristes ? Ce soutien entache la crédibilité des principes américains. Et pendant ce temps, les Haïtiens tombent ou fuient.
Djovany Michel est journaliste d’investigation, PDG et rédacteur en chef de Satellite509, média indépendant et sans subvention, spécialisé dans la dénonciation de la corruption et de la mauvaise gouvernance. Il est l’actuel secrétaire général du Réseau Haïtien des Journalistes Anti-Corruption (RHAJAC).
Spécialités : gouvernance, corruption, géopolitique
Basé entre Haïti et la République dominicaine.
