Harvel Jean-Baptiste, l’homme qui a étranglé la diplomatie haïtienne
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Depuis sa prise de fonction, Jean-Victor Harvel Jean-Baptiste n’a cessé d’enfoncer la diplomatie haïtienne dans un chaos sans précédent. Si son absence de vision et son mutisme institutionnel avaient déjà soulevé de vives critiques, les révélations récentes viennent confirmer l’ampleur de la dérive. Des nominations massives, arbitraires et politiquement motivées ont transformé le ministère des Affaires étrangères en un repaire de clientélisme et de compromissions. Loin d’être une stratégie de redressement, c’est un plan de sabotage systémique.
À l’heure où les relations internationales d’Haïti nécessitent diplomatie experte, fermeté et crédibilité, Harvel Jean-Baptiste multiplie les nominations de complaisance. Des proches de conseillers-présidents, leurs compagnes, des journalistes inféodés et des figures impliquées dans des scandales judiciaires – tous propulsés à des postes de représentation, sans aucune formation ni expérience. Ce désordre orchestré compromet directement la capacité d’Haïti à parler d’une seule voix sur la scène mondiale, et enterre l’idée même de mérite ou de compétence dans la diplomatie nationale.
Loin d’un acte isolé, cette politique de dilution diplomatique semble être un calcul de survie politique. Pour plaire aux têtes du Conseil présidentiel de transition, le ministre a préféré la compromission à l’intégrité, favorisant le silence médiatique sur ses errements en échange de quelques postes dorés. Cette manœuvre grossière, si elle satisfait momentanément les intérêts de certains, compromet gravement la souveraineté de l’État et l’image du pays à l’international. Le cas Marie Geneviève Louis-Jeune – ex-consule éclaboussée par un scandale de traite humaine, aujourd’hui relogée au Panama – symbolise ce cynisme assumé.
Aujourd’hui, il ne s’agit plus seulement de remplacer un ministre inefficace, mais de désinfecter un ministère gangrené. Le maintien de Harvel Jean-Baptiste constitue un danger pour la crédibilité nationale. Tant que des incompétents politisés occuperont les chancelleries, les diplomates de métier resteront marginalisés, et Haïti continuera de sombrer dans un isolement stratégique fatal. Il est temps de tourner la page – non pour l’image, mais pour la survie diplomatique du pays.
Djovany Michel est journaliste d’investigation, PDG et rédacteur en chef de Satellite509, média indépendant et sans subvention, spécialisé dans la dénonciation de la corruption et de la mauvaise gouvernance. Il est l’actuel secrétaire général du Réseau Haïtien des Journalistes Anti-Corruption (RHAJAC).
Spécialités : gouvernance, corruption, géopolitique
Basé entre Haïti et la République dominicaine.
