Hausse des prix du carburant : pression accrue sur les travailleurs, Me Lacks-Guvens Cadette appelle à un ajustement salarial
3 min read
L’augmentation des prix des produits pétroliers en Haïti a ravivé les inquiétudes autour du coût de la vie, en particulier pour les ouvriers et les ménages à revenu modeste. Cette décision, officialisée par le gouvernement d’Alix Didier Fils-Aimé et les autorités économiques du pays, s’inscrit dans un contexte déjà marqué par une inflation persistante et une fragilité économique qui affecte durement le quotidien de la population.

Dans un avis rendu public, les ministères de l’Économie et des Finances et du Commerce et de l’Industrie ont fixé les nouveaux prix à la pompe. Désormais, le gallon de gazoline est passé à 725 gourdes, celui du gasoil à 850 gourdes, tandis que le kérosène est vendu à 845 gourdes. Cette mesure, adoptée sur recommandation du Conseil consultatif en date du 31 mars 2026, est entrée en vigueur à partir du 2 avril, entraînant immédiatement des répercussions sur plusieurs secteurs.
Cette hausse a eu un effet en chaîne sur les prix des produits de première nécessité, notamment en raison de l’augmentation des coûts de transport. Les travailleurs, en particulier les ouvriers, ont rapidement ressenti l’impact de ces ajustements, leur pouvoir d’achat s’étant davantage affaibli face à la montée généralisée des prix.

Dans ce contexte, Me Lacks-Guvens Cadette a plaidé pour une révision du salaire minimum. Il a rappelé que la Constitution haïtienne de 1987, notamment en son article 35.1, garantit un salaire équitable aux travailleurs. Me Lacks-Guvens Cadette a également évoqué les engagements internationaux d’Haïti, dont ceux liés au Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels, qui insistent sur le droit à une rémunération juste et suffisante.

Il a ainsi demandé aux autorités de revoir à la hausse le salaire minimum fixé par l’arrêté du 20 février 2022. Selon lui, après plus de quatre ans sans ajustement significatif, une telle mesure permettrait de mieux adapter les revenus des travailleurs à la réalité économique actuelle et de préserver leurs droits fondamentaux.
Si cette revendication gagne du terrain, elle pose également la question de l’équilibre à trouver entre les impératifs économiques de l’État et la nécessité de protéger les couches les plus vulnérables. Dans un climat social déjà tendu, la gestion de cette hausse des prix des carburants apparaît comme un test important pour les autorités, appelées à concilier stabilité économique et justice sociale.
Léandro S Léonard
Djovany Michel est journaliste d’investigation, PDG et rédacteur en chef de Satellite509, média indépendant et sans subvention, spécialisé dans la dénonciation de la corruption et de la mauvaise gouvernance. Il est l’actuel secrétaire général du Réseau Haïtien des Journalistes Anti-Corruption (RHAJAC).
Spécialités : gouvernance, corruption, géopolitique
Basé entre Haïti et la République dominicaine.
