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Huarong International : un ancien dirigeant chinois exécuté officiellement pour corruption

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L’ancien dirigeant de Huarong International Holdings, Bai Tianhui, a été exécuté mardi 9 décembre 2025, après l’approbation formelle de la Cour populaire suprême de Chine. L’annonce a été faite par le tribunal populaire supérieur de Tianjin via son compte officiel. Il s’agit de l’une des affaires de corruption les plus importantes impliquant un cadre du secteur financier chinois ces dernières années.

Une condamnation initiale prononcée en 2024

Le 28 mai 2024, le tribunal intermédiaire populaire n°2 de Tianjin avait condamné Bai à mort pour acceptation de pots-de-vin, lui retirant ses droits politiques à vie et ordonnant la confiscation totale de ses biens personnels. Les juges avaient considéré que les sommes en jeu, ainsi que l’ampleur des abus de pouvoir, justifiaient une peine maximale.

Un appel rejeté début 2025

Bai Tianhui avait fait appel de la décision. Toutefois, le 24 février 2025, le tribunal populaire supérieur de Tianjin a rejeté sa requête et confirmé la peine capitale. Le dossier a ensuite été transmis à la Cour populaire suprême pour une révision obligatoire, comme l’exige la loi chinoise pour les condamnations à mort.

Plus de 1,108 milliard de yuans en pots-de-vin

Selon les conclusions de la Cour suprême, Bai a exploité ses fonctions entre 2014 et 2018 pour favoriser des entreprises dans des dossiers d’acquisitions, de financements et de projets d’investissement. En échange, il aurait reçu plus de 1,108 milliard de yuans, soit environ 152,8 millions de dollars. Les juges ont estimé que les montants étaient « particulièrement énormes » et que les infractions avaient engendré des « conséquences extrêmement graves » pour les intérêts publics.

Un proche collaborateur de Lai Xiaomin

Les autorités chinoises précisent que Bai Tianhui était un proche associé de Lai Xiaomin, l’ancien président du groupe Huarong, lui-même exécuté en 2021 pour corruption. Bai aurait joué un rôle essentiel dans plusieurs opérations illégales liées au vaste système de détournement et de pots-de-vin mis en place au sein du conglomérat financier.

Une procédure jugée conforme par la Cour suprême

Dans son communiqué, la Cour suprême assure que les faits établis lors des deux procès étaient « clairs », soutenus par des preuves « suffisantes et fiables ». Elle affirme que la condamnation et la peine étaient « appropriées » et que toutes les procédures légales avaient été respectées. Avant son exécution, Bai a été autorisé à rencontrer ses proches, une pratique courante en Chine dans les affaires capitales.

Un signal sévère dans la lutte anticorruption

Cette exécution s’inscrit dans la campagne anticorruption renforcée par les autorités chinoises, ciblant particulièrement le secteur financier et les entreprises publiques. Le cas de Bai Tianhui, par son ampleur et son retentissement, illustre la volonté du gouvernement chinois d’appliquer des sanctions exemplaires à l’encontre des responsables impliqués dans des fraudes massives.

Gerlanda F.

Djovany Michel est journaliste d’investigation, PDG et rédacteur en chef de Satellite509, média indépendant et sans subvention, spécialisé dans la dénonciation de la corruption et de la mauvaise gouvernance. Il est l’actuel secrétaire général du Réseau Haïtien des Journalistes Anti-Corruption (RHAJAC).

Spécialités : gouvernance, corruption, géopolitique

Basé entre Haïti et la République dominicaine.

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