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Humanitaire sélectif : les pauvres meurent en prison, tandis que Rosemila Petit-Frère veut s’envoler au Canada en évoquant des problèmes de santé

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L’idée d’autoriser Rosemila Petit-Frère, figure centrale du régime d’Ariel Henry et proche du réseau « Viv Ansanm », à quitter Haïti pour se soigner est une insulte à la justice et à la mémoire des milliers de prisonniers haïtiens abandonnés à la mort dans les geôles du pays.

Elle affirme avoir subi deux opérations pour une tumeur à la tête, avoir fait une rechute et croire que son état s’aggrave de jour en jour. Cependant, plusieurs personnes ont été arrêtées dans des situations similaires ; d’autres ont été condamnées pour des délits moins graves et sont toujours en cellule.

Il faut rappeler que, depuis des années, plus de 20 000 détenus malades — tuberculeux, diabétiques, affamés, entre autres — croupissent sans soins, sans nourriture, sans visites médicales. Aucun décret, aucune compassion, aucune « raison humanitaire » n’a jamais été invoquée pour eux.

Mais lorsqu’il s’agit d’une proche du pouvoir accusée de blanchiment d’argent et de collusion avec les terroristes, elle a reçu la visite de Pierre Espérance, un soi-disant défenseur des droits de l’homme, le samedi 25 octobre 2025, et s’apprête à voir les portes du pays s’ouvrir pour lui permettre d’échapper à la justice, soudainement, vers le Canada.

Cette démarche n’est rien d’autre qu’une tentative déguisée de libération politique sous couvert d’« urgence médicale ».
Si Rosemila Petit-Frère s’appelait « Ti-Marie », simple détenue sans relations ni fortune, elle serait déjà morte derrière les barreaux — comme tant d’autres anonymes, victimes d’un système pourri jusqu’à l’os.

Cette libération révélera encore la pourriture morale du système judiciaire haïtien, qui applique la loi selon la richesse, la proximité politique ou le clan.

En transformant une accusée de crimes financiers et de complicité criminelle en « victime humanitaire », l’État s’apprête à signer une nouvelle trahison nationale.
Nous, journalistes et lanceurs d’alerte, dénonçons cette mascarade humanitaire. Haïti ne peut pas continuer à blanchir ses criminels sous perfusion diplomatique.

La justice ne peut pas être un passeport pour fuir ses crimes.

Djovany Michel est journaliste d’investigation, PDG et rédacteur en chef de Satellite509, média indépendant et sans subvention, spécialisé dans la dénonciation de la corruption et de la mauvaise gouvernance. Il est l’actuel secrétaire général du Réseau Haïtien des Journalistes Anti-Corruption (RHAJAC).

Spécialités : gouvernance, corruption, géopolitique

Basé entre Haïti et la République dominicaine.

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