Incendie au Cap-Haïtien : la DINEPA de Théophil Ostinvil, nommée par Moïse Jean-Charles, réagit en premier, un signal troublant
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Quelques heures à peine après l’incendie criminel qui a ravagé le marché Cluny, la Direction nationale de l’eau potable et de l’assainissement (DINEPA) s’est empressée de publier un message de « solidarité » saluant la réactivité de ses agents et annonçant, sur instruction du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, des mesures pour améliorer la gestion des urgences.
Une communication rapide, bien huilée, mais qui soulève de lourds soupçons. En effet, derrière ce ton institutionnel se cache une institution aujourd’hui sous forte influence politique, directement liée au réseau de Moïse Jean-Charles, dont le nom est désormais cité comme acteur central d’une stratégie de déstabilisation visant à préserver son emprise sur des institutions clés de l’État.
Une coïncidence trop parfaite
Alors que Moïse Jean-Charles est sur le point de perdre le contrôle du ministère de l’Agriculture, de la Douane du Cap-Haïtien et de plusieurs leviers administratifs stratégiques dans le Nord, l’incendie du principal marché populaire de la ville survient dans un climat de menaces ouvertes.
Selon des sources concordantes et ses propres déclarations publiques, l’ancien sénateur a clairement averti qu’il renverserait le gouvernement si son réseau était écarté après la fin du Conseil présidentiel de transition (CPT), prévue le 7 février 2026.

La note de solidarité de la DINEPA, publiée quelques heures après l’incendie.
L’incendie du marché Cluny s’inscrit ainsi dans une logique bien connue en Haïti : créer le chaos pour maintenir une influence politique.
La DINEPA, un maillon sous contrôle

La photo du directeur général de la DINEPA a été publiée sur les réseaux sociaux.
Plus troublant encore : la DINEPA, qui se présente aujourd’hui comme acteur humanitaire, est dirigée par Théophil Ostinvil, un cadre nommé sous l’influence directe de Moïse Jean-Charles à travers son représentant au CPT, Emmanuel Vertilaire.
Autrement dit, l’institution qui communique aujourd’hui pour calmer l’opinion publique est elle-même intégrée au dispositif politique de celui dont le nom est cité dans cette opération de déstabilisation.
Une situation de conflit d’intérêt manifeste.
Une méthode classique de la vieille classe politique
L’utilisation de l’insécurité comme levier politique n’est pas nouvelle. Depuis des années, des politiciens traditionnels dépourvus de légitimité populaire recourent à la violence, aux sabotages et aux réseaux armés pour imposer leur rapport de force.
Le Grand Nord semble désormais pris en otage par cette même mécanique.
Autrefois, Port-au-Prince, aujourd’hui Cap-Haïtien. Le scénario se répète.
Une enquête indépendante devient une urgence nationale
Face à la gravité des faits, une enquête judiciaire immédiate, indépendante et internationale s’impose pour :
– établir l’origine réelle de l’incendie ;
– identifier les commanditaires ;
– faire la lumière sur l’implication de réseaux politiques infiltrés dans les institutions publiques.
Toute tentative d’étouffer cette affaire confirmerait l’existence d’une stratégie de déstabilisation au sommet de l’État.
L’incendie du marché Cluny n’est pas un simple sinistre. Il porte les marques d’un acte politique. Et les Haïtiens commencent à en reconnaître les auteurs.