La PNH fait son bilan, mais remplace Jacques Ader, considéré par plus d’un comme le pilier des opérations à Port-au-Prince
2 min read
La Police nationale d’Haïti (PNH) a présenté, le mercredi 25 mars 2026, le bilan de ses interventions pour le premier trimestre de l’année. Entre janvier et mars, 32 opérations d’envergure ont été menées dans les départements de l’Ouest, du Centre et de l’Artibonite. Ces interventions ont permis la saisie de 46 fusils, 19 pistolets, 6 drones, plus de 10 000 cartouches, ainsi que du matériel de communication, des cocktails Molotov et deux véhicules blindés. La police rapporte également que 43 présumés bandits ont été mortellement blessés.

Dans le cadre des opérations de la Direction centrale de la police judiciaire (DCPJ), notamment l’opération « Goudougoudou », 50 individus ont été déférés devant la justice. Les autorités indiquent avoir saisi des armes, des munitions, plus de 76 000 kg de stupéfiants, ainsi que des véhicules et un immeuble. Un otage a été libéré et un gang dirigé par Rodolphe Louissaint a été démantelé, tandis que plusieurs cadres de l’administration publique ont été interpellés.

Malgré ce bilan présenté comme positif, certaines décisions internes interrogent. Le remplacement de Jacques Ader, considéré comme un acteur clé des opérations à Port-au-Prince, intervient dans un contexte où la PNH affirme intensifier la lutte contre les groupes armés. Ce changement peut apparaître en décalage avec le discours de continuité et de fermeté affiché par l’institution.
Dès lors, une question se pose : comment expliquer qu’un responsable perçu comme engagé dans la lutte contre l’insécurité soit écarté au moment où la PNH revendique des résultats encourageants ? Sans contester les chiffres avancés, cette situation alimente des doutes sur la cohérence des choix stratégiques et sur la stabilité du commandement dans un contexte sécuritaire particulièrement fragile.
Léandro S Léonard
Djovany Michel est journaliste d’investigation, PDG et rédacteur en chef de Satellite509, média indépendant et sans subvention, spécialisé dans la dénonciation de la corruption et de la mauvaise gouvernance. Il est l’actuel secrétaire général du Réseau Haïtien des Journalistes Anti-Corruption (RHAJAC).
Spécialités : gouvernance, corruption, géopolitique
Basé entre Haïti et la République dominicaine.
