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Les Douanes haïtiennes en passe de tomber sous le contrôle des narcotrafiquants

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Le Conseil présidentiel de transition (CPT), via le Conseil des ministres prévu ce jeudi 18 septembre 2025, s’apprête à nommer Gérald Remplais directeur général des Douanes. Ce dernier est un ancien cadre déjà impliqué dans des affaires de vols de véhicules de l’Ambassade américaine. Cette décision, exigée par Édouard Baussan, Olivier Barreau et Marc-Antoine Acra, suscite une vive inquiétude. Déjà minée par la corruption, l’institution douanière risque de perdre toute crédibilité si ce choix se confirme.

Les autorités américaines jugent qu’un tel profil nuirait à la coopération et au contrôle sécuritaire des échanges commerciaux. À l’intérieur du pays, des critiques rappellent que le système douanier est rongé par des irrégularités : dédouaner une voiture coûte parfois trois fois le tarif normal. Pour de nombreux observateurs, remplacer l’actuel directeur est nécessaire, mais confier la direction à un personnage au passé compromis reviendrait à creuser encore plus la méfiance.

Le Réseau haïtien des journalistes anti-corruption (RHAJAC) a publié, tôt ce jeudi 18 septembre 2025, une note d’alerte. L’organisation dénonce une « tentative de privatisation » des Douanes par les parrains de la narco-économie. Gérald Remplais, affirme-t-elle, n’est pas un choix neutre : il serait le pion docile d’Édouard Baussan, de Marc-Antoine Acra et d’Olivier Barreau, trois figures soupçonnées de lier affaires et crime organisé. Sa nomination signifierait « une prise en otage des Douanes » par des réseaux mafieux.

Ce scénario ouvre la voie à des conséquences désastreuses : explosion du trafic de cocaïne, aggravation de la corruption institutionnelle, pillage systématique des recettes publiques. Dans un pays où l’État peine déjà à maintenir son autorité, céder la Douane à de tels intérêts revient à enterrer la souveraineté nationale. Le RHAJAC avertit qu’en validant cette décision, le CPT ne compromettrait pas seulement l’économie : il consacrerait la victoire des parrains de la narco-corruption.

Cette alerte dépasse le cadre d’un simple débat administratif. Elle révèle un enjeu fondamental : la survie même de l’État haïtien face aux forces qui cherchent à le capturer. Comme l’écrivait Edmund Burke, « le mal triomphe lorsque les hommes bons ne font rien ». Laisser Gérald Remplais s’installer à la tête des Douanes, c’est accepter la capitulation devant le crime organisé. À l’inverse, s’opposer à cette nomination, c’est affirmer qu’Haïti n’est pas encore prête à abdiquer sa souveraineté.

Gerlanda F.

Djovany Michel est PDG et rédacteur en chef de Satellite509, un média d’investigation indépendant. Journaliste d’enquête, il est spécialisé dans la dénonciation de la corruption, la mauvaise gouvernance, les abus de pouvoir et les violations de l’intérêt public. Ses travaux portent sur des enjeux nationaux et internationaux, avec une approche rigoureuse, critique et documentée.

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