« Leta, nou bezwen espas la pou nou aprann » : des élèves dénoncent l’inaction de l’État face à l’occupation de leur école
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Les élèves du lycée Sténio Vincent lancent un cri d’alarme face à une situation qu’ils jugent devenue intenable. Depuis plusieurs semaines, des habitants de Ponsondé ont trouvé refuge dans l’enceinte de l’établissement scolaire, empêchant le déroulement normal des activités académiques. Dans un message largement relayé, les lycéens affirment avec force : « Leta, nou bezwen espas la pou nou aprann », dénonçant le silence prolongé des autorités compétentes.
Selon les élèves, une grande partie des salles de classe est actuellement occupée par ces personnes déplacées, rendant pratiquement impossible la tenue régulière des cours. « Lekòl la pa ka fonksyone paske majorite klas yo okipe », soulignent-ils, insistant sur le fait que leur droit fondamental à l’éducation est gravement compromis. Cette situation plonge des centaines d’élèves dans l’incertitude, alors même que l’année scolaire est déjà fragilisée par de multiples crises.
Tout en reconnaissant la détresse des personnes déplacées de Ponsondé, les lycéens estiment que l’État manque à son devoir en n’apportant aucune solution alternative. « Nou mande Leta pou yo bay moun Ponsondé yo yon lòt espas pou yo rete », plaident-ils, appelant à une gestion plus responsable de la crise humanitaire, sans sacrifier l’avenir éducatif des jeunes.
La colère des élèves s’explique également par l’absence de communication officielle. « Leta pa janm di anyen sou sa », dénoncent-ils, pointant un manque de transparence et de planification. Pour eux, cette inaction traduit une négligence chronique du secteur éducatif, souvent relégué au second plan face aux urgences sécuritaires et humanitaires.
En lançant ce SOS, les élèves du lycée Sténio Vincent interpellent directement les autorités : « Tanpri Leta, fè devwa nou ». Leur message met en lumière une réalité préoccupante où deux droits fondamentaux — le droit à l’éducation et le droit à un logement digne — se retrouvent en concurrence, faute de politiques publiques efficaces. Une situation qui pose, une fois de plus, la question de la capacité de l’État à répondre simultanément aux crises multiples qui frappent le pays.
Gerlanda F.
Djovany Michel est journaliste d’investigation, PDG et rédacteur en chef de Satellite509, média indépendant et sans subvention, spécialisé dans la dénonciation de la corruption et de la mauvaise gouvernance. Il est l’actuel secrétaire général du Réseau Haïtien des Journalistes Anti-Corruption (RHAJAC).
Spécialités : gouvernance, corruption, géopolitique
Basé entre Haïti et la République dominicaine.
