Migrants haïtiens au Canada : voyage clandestin, cauchemar à l’arrivée
2 min read
La police canadienne a intercepté un camion clandestin transportant 44 migrants haïtiens, le mercredi 6 août 2025, dont une femme enceinte et un enfant de quatre ans, enfermés sans ventilation. Découverts en état de suffocation, ils venaient de franchir à pied la frontière américaine, guidés par des trafiquants surnommés coyotes. « Lorsque notre police a ouvert la porte, les gens ont enfin pu respirer correctement. C’était une scène d’horreur », a déclaré le caporal Érique Gasse au Gazette de Montréal.
Selon les autorités, les migrants ont été convoyés de nuit jusqu’à une zone non surveillée, avant de traverser forêts et marécages. Côté canadien, un second camion les attendait, où ils ont été entassés dans des conditions qualifiées d’inhumaines. Trois trafiquants présumés ont été arrêtés, mais plusieurs migrants risquent l’expulsion vers les États-Unis. Un scénario tristement banal depuis la réélection de Donald Trump, dont la politique migratoire a ravivé la peur parmi les Haïtiens.
Avec la fin du Statut de protection temporaire (TPS) annoncée par Washington, plus de 500 000 Haïtiens vivent dans l’angoisse. Fuir vers le nord devient pour beaucoup un choix désespéré. Face à cette tragédie humaine, des voix s’élèvent pour demander une approche humanitaire : « Ce ne sont pas des criminels, ce sont des familles en quête d’air et d’avenir », plaide une militante des droits des migrants à Toronto.
Djovany Michel est journaliste d’investigation, PDG et rédacteur en chef de Satellite509, média indépendant et sans subvention, spécialisé dans la dénonciation de la corruption et de la mauvaise gouvernance. Il est l’actuel secrétaire général du Réseau Haïtien des Journalistes Anti-Corruption (RHAJAC).
Spécialités : gouvernance, corruption, géopolitique
Basé entre Haïti et la République dominicaine.
