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Olivier Acra arrêté à Jimaní avec des tonnes de marijuana, alors que son frère, Marc Antoine Acra, inculpé depuis 2015, n’a jamais été jugé

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Olivier Acra a été arrêté ce vendredi 23 janvier 2026 à 10 h 30 à Jimaní, à la frontière entre la République dominicaine et Haïti, en possession de plusieurs tonnes de marijuana, selon une source policière dominicaine. Une saisie massive qui met au jour la persistance de routes criminelles structurées et l’inefficacité chronique des mécanismes de contrôle du côté haïtien.

Cette arrestation n’est pas un fait divers isolé. Olivier Acra est le frère de Marc Antoine Acra, figure régulièrement citée dans des dossiers de narcotrafic international. Le nom Acra renvoie à l’une des affaires les plus emblématiques de la décennie : la saisie de 108 kg de cocaïne et de 15 kg d’héroïne à bord du navire MV Manzanares, battant pavillon panaméen.

L’opération d’avril 2015, menée par la Brigade de lutte contre le trafic de stupéfiants (BLTS) avec l’appui de la Drug Enforcement Administration (DEA), avait pourtant établi des responsabilités claires. Marc Antoine Acra, présenté comme responsable de la compagnie importatrice de sucre impliquée, a été inculpé.

Onze ans plus tard, aucun procès. Aucune condamnation. Aucun signal dissuasif.

L’arrestation d’Olivier Acra à Jimaní ravive une question centrale : comment des réseaux aussi lourds peuvent-ils prospérer sans protections institutionnelles ? En Haïti, l’absence de poursuites effectives, la lenteur judiciaire et les complicités au sommet ont transformé le pays en zone de transit privilégiée pour les stupéfiants, avec des ramifications régionales.

Ce coup de filet dominicain souligne un contraste brutal : là où l’État agit, les réseaux tombent ; là où l’État abdique, le crime s’enracine. Tant que les dossiers emblématiques resteront enterrés et que les inculpations ne déboucheront pas sur des jugements, l’impunité continuera d’alimenter le narcotrafic, au détriment de la sécurité nationale et régionale.

L’affaire Acra n’est pas close ; elle est réactivée. Elle appelle des réponses judiciaires immédiates, une coopération régionale renforcée et, surtout, la fin de la protection tacite accordée aux intouchables. Sans cela, chaque arrestation hors d’Haïti ne sera qu’un rappel cruel de l’échec de l’État de droit.

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