Pont-Sondé sous les flammes : un massacre ignoré et une population abandonnée
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Pont-Sondé vit depuis plusieurs jours au rythme du chaos, plongée dans une nouvelle vague de violence meurtrière provoquée par le gang « Gran Grif ». Les attaques, décrites comme coordonnées et d’une brutalité glaçante, ont laissé derrière elles un paysage de désolation. Un bilan partiel fait état de 12 morts, dont six employés de l’Office de développement de la vallée de l’Artibonite (ODVA), d’une vingtaine de blessés et de plusieurs maisons incendiées. En quelques heures, des quartiers entiers ont été réduits en cendres, jetant des centaines de familles sur les routes, sans abri ni assistance, a-t-on appris ce lundi 1er décembre 2025.
Face à cette catastrophe humaine, les habitants affirment n’avoir reçu aucune réponse de la Police nationale haïtienne, malgré des appels répétés à l’aide. L’absence totale d’intervention renforce la détresse d’une population livrée à elle-même, prise en étau entre la violence d’un gang déterminé et un État qui semble absent. Cette inaction contraste fortement avec les déclarations récentes du directeur général de la PNH, qui se félicitait d’un bilan « satisfaisant » de ses 100 premiers jours, un discours qui provoque outrage et incompréhension dans le Bas-Artibonite.
Alors que les survivants tentent tant bien que mal de compter leurs morts, d’identifier les disparus et de comprendre l’ampleur des dégâts, « Gran Grif » continue d’imposer sa loi sur une communauté traumatisée. Entre destructions massives, deuils multiples et silence gouvernemental, Pont-Sondé apparaît comme une localité abandonnée, engloutie par une tourmente dont personne ne voit la fin. Ce massacre vient s’ajouter à la longue liste de violences qui ravagent l’Artibonite, révélant une fois de plus l’effondrement dramatique de la sécurité publique en Haïti.
Gerlanda F.
Djovany Michel est journaliste d’investigation, PDG et rédacteur en chef de Satellite509, média indépendant et sans subvention, spécialisé dans la dénonciation de la corruption et de la mauvaise gouvernance. Il est l’actuel secrétaire général du Réseau Haïtien des Journalistes Anti-Corruption (RHAJAC).
Spécialités : gouvernance, corruption, géopolitique
Basé entre Haïti et la République dominicaine.
