Pourquoi arrêter Dimitri Vorbe, tandis que Michel Martelly reste libre aux États-Unis ?
2 min readDimitri Vorbe, puissant oligarque haïtien, a été arrêté aux États-Unis, preuve que Washington sait frapper quand il le veut. Mais cette fermeté est purement sélective, puisque dans le même temps Michel Joseph Martelly, pourtant sanctionné officiellement pour trafic de stupéfiants et corruption, continue de se pavaner librement sous la protection américaine. Cette différence de traitement dévoile un double standard intenable.
La contradiction est flagrante : d’un côté, on brandit l’arrestation d’un homme d’affaires pour afficher une lutte de façade contre l’impunité ; de l’autre, on ménage un ancien président dont le rôle dans la mise en coupe réglée de l’État haïtien ne fait aucun doute. Washington ne sanctionne pas les criminels en fonction de leurs délits, mais en fonction de leur utilité politique. Martelly, protégé car toujours influent dans les calculs géopolitiques américains, incarne à lui seul l’hypocrisie de cette justice à géométrie variable.
Comment expliquer qu’un pays qui a publiquement désigné Martelly comme criminel lui déroule encore le tapis rouge ? En réalité, cette duplicité américaine nourrit directement le chaos haïtien. Elle conforte les oligarques et les politiciens corrompus dans leur sentiment d’intouchabilité et condamne la population à subir l’alliance toxique entre mafias locales et parrains internationaux. Tant que Washington manipulera l’impunité au gré de ses intérêts stratégiques, la justice restera une farce et Haïti, un champ de ruines.
Djovany Michel est journaliste d’investigation, PDG et rédacteur en chef de Satellite509, média indépendant et sans subvention, spécialisé dans la dénonciation de la corruption et de la mauvaise gouvernance. Il est l’actuel secrétaire général du Réseau Haïtien des Journalistes Anti-Corruption (RHAJAC).
Spécialités : gouvernance, corruption, géopolitique
Basé entre Haïti et la République dominicaine.
