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Quand le Brésil combat, Haïti observe : deux visages d’une même guerre contre les gangs

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Alors que le Brésil vient de mener l’opération policière la plus meurtrière et historique, baptisée « Contenção », avec plus de 2 500 agents mobilisés et 119 morts, Haïti reste spectatrice de sa propre descente dans le chaos. À Rio de Janeiro, les forces de l’ordre ont affronté le Comando Vermelho, un puissant groupe criminel. Les autorités brésiliennes présentent l’opération comme un succès, malgré les critiques d’ONG qui dénoncent des exécutions extrajudiciaires. Ce contraste saisissant met en lumière la détermination du Brésil à affronter la criminalité organisée, quelles qu’en soient les conséquences.

En Haïti, la réalité est tout autre. Face à des gangs tout aussi violents et bien armés, les opérations policières peinent à se structurer. À peine six policiers, retranchés dans un véhicule blindé et sans troupes au sol, tentent souvent de contenir des zones entières tombées sous contrôle des groupes armés. Ce déséquilibre, à la fois tactique et moral, illustre un manque criant de moyens, mais surtout un déficit de volonté politique. La guerre contre les gangs semble menée à reculons, comme si l’État lui-même craignait la confrontation qu’il devrait pourtant assumer.

Pendant que d’autres nations prennent des risques pour restaurer l’ordre, Haïti multiplie les discours sans stratégie claire. Les populations, elles, continuent de fuir, de pleurer et de subir. La comparaison entre Rio et Port-au-Prince n’est pas qu’une question de chiffres : elle révèle une fracture dans la conception même de l’autorité et du courage politique. Tant que les responsables haïtiens n’admettront pas que la sécurité nationale exige plus que des déclarations, les gangs resteront les véritables maîtres du pays.

Gerlanda F.

Djovany Michel est journaliste d’investigation, PDG et rédacteur en chef de Satellite509, média indépendant et sans subvention, spécialisé dans la dénonciation de la corruption et de la mauvaise gouvernance. Il est l’actuel secrétaire général du Réseau Haïtien des Journalistes Anti-Corruption (RHAJAC).

Spécialités : gouvernance, corruption, géopolitique

Basé entre Haïti et la République dominicaine.

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