Quand les dirigeants de la Dominicanie montrent aux corrompus haïtiens que le black-out n’est que le résultat d’une mauvaise gouvernance
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La panne générale qui a frappé la République dominicaine le mardi 11 novembre 2025 a offert une leçon précieuse à ses voisins haïtiens. En quelques heures seulement, les autorités dominicaines ont reconnu la défaillance, mobilisé leurs équipes techniques et informé la population avec transparence. Le ministre de l’Énergie et des Mines, Joel Santos Echavarría, a admis la complexité du système et promis une analyse approfondie. Résultat : le courant a été rétabli progressivement, les services publics ont été restaurés et un comité d’enquête a été formé. Une démonstration d’efficacité institutionnelle qui contraste brutalement avec la lenteur, l’improvisation et la corruption qui paralysent le système électrique haïtien depuis des décennies.
En Haïti, l’obscurité est devenue la norme, symbole d’un État défaillant et d’une gouvernance minée par l’impunité. Depuis plus de deux siècles, le pays se débat dans un cycle de promesses non tenues, de projets énergétiques abandonnés et de dirigeants préoccupés par leurs intérêts personnels plutôt que par le bien commun. Là où les Dominicains coordonnent, les Haïtiens accusent. Là où les voisins réparent, les nôtres s’enrichissent sur les ruines des institutions. Le problème n’est pas technique : il est moral et politique.
Pourtant, Haïti ne manque ni de ressources naturelles ni de talents. Le pays dispose d’un potentiel solaire, hydraulique et éolien capable d’alimenter non seulement ses villes, mais aussi toute la Caraïbe. Ce qui manque, c’est une gouvernance intègre, une vision claire et un sens du devoir public. À force de tolérer la corruption et la médiocrité, la population a fini par accepter l’obscurité comme un destin inévitable. Or, comme l’a dit Frantz Fanon, « chaque génération doit découvrir sa mission, l’accomplir ou la trahir ».
Le black-out haïtien n’est pas seulement électrique : il est moral, institutionnel et collectif. Pendant que la République dominicaine rallume ses lampes, Haïti continue de patauger dans la nuit de l’irresponsabilité. Il est temps de comprendre que la lumière ne viendra pas des discours, mais d’un changement radical de mentalité et de gouvernance. Tant que les corrompus tiendront les fils du pouvoir, le pays restera dans le noir.
Djovany Michel est journaliste d’investigation, PDG et rédacteur en chef de Satellite509, média indépendant et sans subvention, spécialisé dans la dénonciation de la corruption et de la mauvaise gouvernance. Il est l’actuel secrétaire général du Réseau Haïtien des Journalistes Anti-Corruption (RHAJAC).
Spécialités : gouvernance, corruption, géopolitique
Basé entre Haïti et la République dominicaine.
