Rapport explosif : l’ULCC demande des poursuites contre le directeur des opérations de l’UPBAS, , pour enrichissement illicite
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Publié lundi 8 décembre 2025, le nouveau rapport de l’Unité de lutte contre la corruption (ULCC) met en cause Adzenwiller Azarre, directeur des opérations de l’Université publique du Bas-Artibonite (UPBAS). Après avoir révélé en septembre les dérives imputées à son père, l’ex-recteur Wilfrid Azarre, l’institution cible désormais une augmentation patrimoniale jugée inexplicable et recommande des poursuites pour enrichissement illicite.

Capture d’écran de la conclusion du rapport de l’ULCC sur l’enrichissement illicite d’Adzenwiller Azarre, directeur des opérations de l’UPBAS, publié le 8 décembre 2025.
En effet, dans la continuité de son rapport du 26 septembre 2025 consacré à la gestion de l’ex-recteur Wilfrid Azarre, l’ULCC publie cette fois de nouvelles conclusions portant sur son fils, Adzenwiller Azarre, aujourd’hui directeur des opérations de l’UPBAS. Les enquêteurs ont examiné ses avoirs conformément au décret du 8 septembre 2004 et aux lois anticorruption, après avoir relevé son implication dans plusieurs irrégularités signalées lors de l’audit précédent.
Méthodologie et statut d’agent public
Pour la période 2023-2024, les enquêteurs ont collecté des informations auprès des banques, de l’UPBAS et de plusieurs services administratifs. Ils confirment qu’Adzenwiller Azarre est un agent public recruté en 2020 comme coordonnateur technique avant d’être nommé directeur des opérations en 2023. Ses fonctions ne l’obligent pas à déclarer son patrimoine, mais la loi du 12 mars 2014 permet l’ouverture d’une enquête en cas de soupçon d’enrichissement injustifié.
Revenus modestes, mouvements massifs
Selon l’ULCC, les revenus cumulés d’Adzenwiller Azarre entre 2020 et avril 2025 atteignent 4,885,000 gourdes. Pourtant, ses comptes à l’UNIBANK et à la SOGEBANK montrent 24,138,546.24 gourdes de dépôts entre octobre 2021 et mars 2025. Aucune activité économique déclarée ne permet d’expliquer de tels flux financiers.
Une progression patrimoniale de +951,7 %
Pour l’exercice 2023-2024, son patrimoine augmente de 14,656,307.97 gourdes, soit +951,7 % en une seule année. L’essentiel de cette somme provient d’un compte SOGEBANK (n°7011880676) où ont été déposés 11,110,693.05 gourdes. Pour l’ULCC, cette progression est incompatible avec les revenus officiels du fonctionnaire.
Dépôts suspects et justifications incohérentes
L’enquête met également en lumière plusieurs transactions effectuées par Stéphane Lachapelle, secrétaire de l’ex-recteur Wilfrid Azarre et proche d’Adzenwiller Azarre. Ses dépôts totalisent 1,528,413 gourdes. Interrogés séparément, les deux concernés ont fourni des explications qualifiées d’« imprécises, contradictoires et peu plausibles ». L’ULCC estime que ces versions ne justifient en rien les montants observés.
Indices d’enrichissement illicite
Pour la Commission, l’ampleur de la hausse patrimoniale, les flux bancaires disproportionnés et l’absence d’activités économiques déclarées constituent des indices graves d’enrichissement illicite au sens de la loi du 12 mars 2014.
Vers des poursuites judiciaires
En conséquence, l’ULCC recommande la mise en mouvement de l’action publique contre Adzenwiller Azarre. L’institution appelle la justice à agir pour sanctionner les dérives observées au sein de l’UPBAS et réaffirme sa détermination à combattre la corruption administrative.
Djovany Michel est journaliste d’investigation, PDG et rédacteur en chef de Satellite509, média indépendant et sans subvention, spécialisé dans la dénonciation de la corruption et de la mauvaise gouvernance. Il est l’actuel secrétaire général du Réseau Haïtien des Journalistes Anti-Corruption (RHAJAC).
Spécialités : gouvernance, corruption, géopolitique
Basé entre Haïti et la République dominicaine.
