RHAJAC dénonce et appelle à la mobilisation : en Haïti, un gallon de carburant dépasse une journée de travail
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Dans une note de dénonciation publiée le 6 avril 2026, le Réseau haïtien des journalistes anti-corruption tire la sonnette d’alarme face à une situation économique jugée insoutenable. L’organisation affirme sans détour : « Le prix d’un gallon de carburant (3,8 L) dépasse une journée de travail : un système économique assimilable à un mécanisme mafieux écrase les travailleurs haïtiens ». Une déclaration forte qui met directement en cause les choix économiques opérés par le gouvernement dirigé par Alix Didier Fils-Aimé.

Selon le RHAJAC, la réalité quotidienne des travailleurs haïtiens est devenue intenable. « Le Réseau haïtien des journalistes anti-corruption (RHAJAC) dénonce un déséquilibre économique extrême qui condamne la majorité des Haïtiens à une survie indigne », souligne l’organisation. Avec un salaire minimum oscillant entre 350 et 770 gourdes pour huit heures de travail, des millions de citoyens ne parviennent plus à répondre à leurs besoins fondamentaux. Dans ce contexte, la décision d’augmenter les prix du carburant apparaît, pour beaucoup, comme une mesure déconnectée de la réalité sociale.
Les chiffres parlent d’eux-mêmes et renforcent l’indignation : la gazoline est désormais fixée à 725 gourdes, le gasoil à 850 gourdes et le kérosène à 845 gourdes. Une situation que le RHAJAC résume ainsi : « Une journée de travail ne vaut même pas un gallon de 3,8 litres de carburant : voilà la réalité imposée aux Haïtiens ». Pour les observateurs, cette politique économique, menée sous la responsabilité du Premier ministre et de ses ministres, accentue les inégalités et fragilise davantage une population déjà éprouvée.
L’organisation va plus loin en dénonçant les conséquences humaines de ces décisions : « Le RHAJAC considère que cette situation constitue une ligne rouge. Lorsqu’un travailleur ne peut plus accéder aux ressources de base après une journée de travail, c’est toute la dignité humaine et sociale qui est remise en cause, sous la responsabilité des autorités économiques et des acteurs dominants du marché ». Une accusation directe qui interpelle la gouvernance actuelle et son incapacité à protéger les plus vulnérables.
Face à cette crise, le secrétaire général du RHAJAC, Djovany Michel, appelle à une réaction collective : « Appelle à une mobilisation citoyenne pacifique et responsable, dans le respect de la loi », « Soutiendra tout mouvement légitime visant à mettre fin à cette injustice économique » et « Exige une correction immédiate du déséquilibre entre salaire minimum et coût du carburant ». Des revendications claires qui traduisent l’urgence d’une intervention gouvernementale.
Enfin, l’organisation conclut sur une note particulièrement sévère à l’égard du pouvoir en place : « Quand le prix du carburant atteint 850 gourdes pour le gasoil, soit bien au-delà du salaire journalier de milliers de travailleurs, ce n’est plus une crise : c’est un système qui fonctionne contre la population ». Avant d’ajouter : « Ce système doit être corrigé ». Un message sans ambiguïté adressé au Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé et à l’ensemble de son équipe, appelés à revoir en profondeur une politique économique qui, selon de nombreux citoyens, tourne le dos aux réalités du peuple haïtien.
Leandro S Léonard
Djovany Michel est journaliste d’investigation, PDG et rédacteur en chef de Satellite509, média indépendant et sans subvention, spécialisé dans la dénonciation de la corruption et de la mauvaise gouvernance. Il est l’actuel secrétaire général du Réseau Haïtien des Journalistes Anti-Corruption (RHAJAC).
Spécialités : gouvernance, corruption, géopolitique
Basé entre Haïti et la République dominicaine.
