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Scandale en France : un médecin condamné pour avoir déclaré ne « soigner que les vraies femmes »

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Un gynécologue de Pau (Pyrénées-Atlantiques), le docteur Victor Acharian, a été condamné pour outrage sexiste après avoir refusé d’examiner une patiente transgenre en août 2023. L’affaire, jugée le 4 décembre 2025, a relancé en France le débat sur l’accès aux soins des personnes trans.

Refus dans une clinique de Pau

L’incident s’est produit dans un cabinet de gynécologie de Pau, dans le sud-ouest de la France. Emme S., une jeune femme transgenre de 26 ans, était venue consulter pour un examen gynécologique destiné à la rassurer à la suite de douleurs et d’une grosseur mammaire. Sous traitement hormonal depuis trois ans, elle avait pris rendez-vous sur la plateforme médicale Doctolib, comme n’importe quelle patiente.

« On ne s’occupe que des vraies femmes »

Arrivée sur place avec son compagnon, Emme apprend par la secrétaire du cabinet que le médecin ne procéderait pas à l’examen. L’échange se déroule ensuite par tchat : selon les éléments du dossier, le praticien aurait expliqué qu’il ne s’occupait « que des vraies femmes ». La jeune patiente quitte le cabinet en pleurs, sans avoir vu le médecin. Pour elle, ce rendez-vous devait être un simple contrôle médical. Il s’est transformé en humiliation.

Un procès très médiatisé

L’affaire a été examinée le jeudi 4 décembre 2025 par le tribunal de Pau. Le docteur Victor Acharian était poursuivi pour discrimination et outrage sexiste. Il a justifié sa décision en déclarant qu’il n’y avait « pas lieu de s’inquiéter », estimant que les cancers du sein étaient très rares chez les hommes avant 30 ans. Le tribunal l’a finalement relaxé pour discrimination, mais reconnu coupable d’outrage sexiste, une qualification pénale introduite dans le droit français en 2018.

Condamnation et réaction immédiate

Le praticien a été condamné pour outrage sexiste. Parallèlement, l’Ordre des médecins a ouvert une enquête et décidé de la suspension provisoire du gynécologue. Les associations de défense des droits LGBTQ+ ont salué la décision, estimant qu’elle envoie un message clair : l’identité de genre ne peut constituer un motif de refus de soins. « La loi française interdit toute discrimination dans l’accès aux soins », rappellent-elles.

Un débat relancé sur l’accès aux soins

Cette affaire met en lumière un problème persistant : les difficultés rencontrées par les personnes trans dans le système de santé. Malgré les textes de loi, de nombreux témoignages dénoncent encore des refus de soins, des remarques humiliantes ou l’absence de formation du personnel médical. Pour les associations, le cas d’Emme montre l’urgence de sensibiliser davantage les professionnels.

Former et protéger les patient·e·s trans

Les militants espèrent que cette condamnation conduira à renforcer la formation médicale et à améliorer l’accueil des patient·e·s transgenres dans les établissements publics comme privés. Au-delà du jugement, l’affaire de Pau rappelle que le droit d’accès aux soins doit être garanti à tous, sans condition. Pour Emme, le combat dépasse son cas personnel : « J’espère que personne d’autre ne vivra ça », a-t-elle déclaré à la sortie de l’audience.

Djovany Michel est journaliste d’investigation, PDG et rédacteur en chef de Satellite509, média indépendant et sans subvention, spécialisé dans la dénonciation de la corruption et de la mauvaise gouvernance. Il est l’actuel secrétaire général du Réseau Haïtien des Journalistes Anti-Corruption (RHAJAC).

Spécialités : gouvernance, corruption, géopolitique

Basé entre Haïti et la République dominicaine.

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