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Walson Sanon prêche la stabilité, mais dans l’ombre, il est impliqué dans des crimes transnationaux

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Alors que les figures politiques Walson Sanon, Moïse Jean-Charles, Betty Lamy et Fritz Richardson Junior multiplient les appels au dialogue et à la stabilité, le coordonnateur du mouvement Anfòs, Walson Sanon, se retrouve au centre d’une polémique embarrassante. Tandis qu’il appelle à « recentrer le débat sur la transition » plutôt que sur le remplacement du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, plusieurs observateurs dénoncent une position jugée complaisante à l’égard du pouvoir en place. Si M. Sanon défend publiquement la continuité institutionnelle, certains y voient une manœuvre visant à préserver des avantages politiques dans un contexte de transition incertaine.

En effet, le Réseau haïtien des journalistes anti-corruption (RHAJAC) a, dans un communiqué daté du 6 juillet 2025, fait des révélations à son encontre. L’organisation avait saisi la Direction centrale de la police judiciaire (DCPJ) le 14 mai 2025, afin d’enquêter sur un réseau présumé de trafic d’organes dissimulé derrière le commerce d’anguilles vivantes, une filière d’exportation lucrative vers l’Asie. Selon le RHAJAC, plusieurs licences d’exportation délivrées par le ministère de l’Agriculture auraient bénéficié à des entreprises liées, directement ou indirectement, à des proches du politicien.

Ces révélations, reprises par les médias TripFoumi Enfo, Haiti24.net, entre autres, évoquent un “réseau mafieux protégé par l’inaction de l’État”, citant également des transferts suspects de fonds et des connexions avec des structures hospitalières privées. Aucune inculpation officielle n’a cependant été confirmée par la justice haïtienne, et Walson Sanon n’a pas publiquement réagi à ces accusations.

Pour plusieurs analystes politiques, ces soupçons suffisent à remettre en question l’impartialité de M. Sanon dans ses prises de position actuelles. Sa défense du Conseil présidentiel de transition (CPT) et son insistance à éviter tout changement à la Primature apparaissent désormais sous un autre angle : celui d’un intérêt stratégique à maintenir un environnement politique qui le protège. Certains y voient une symbiose tacite entre l’homme politique et le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, où la loyauté serait échangée contre une couverture institutionnelle.

Alors que l’échéance du 7 février 2026 approche, la question n’est plus seulement celle de la gouvernance de la transition, mais de la crédibilité morale de ses acteurs.

Djovany Michel est journaliste d’investigation, PDG et rédacteur en chef de Satellite509, média indépendant et sans subvention, spécialisé dans la dénonciation de la corruption et de la mauvaise gouvernance. Il est l’actuel secrétaire général du Réseau Haïtien des Journalistes Anti-Corruption (RHAJAC).

Spécialités : gouvernance, corruption, géopolitique

Basé entre Haïti et la République dominicaine.

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