Washington met fin au TPS pour Haïti : plus de 50 000 Haïtiens sommés de quitter les États-Unis d’ici février 2026
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Le Département de la Sécurité intérieure des États-Unis (DHS) a annoncé ce mercredi 26 novembre 2025 la fin du Statut de protection temporaire (TPS) accordé à Haïti. Selon l’avis publié au Federal Register, la secrétaire Kirsti Noem a conclu, après consultation avec plusieurs agences fédérales, que le pays « ne répond plus aux critères statutaires » justifiant cette protection humanitaire. L’analyse menée par les services d’immigration américains (USCIS) indique également que la poursuite du programme pour Haïti serait « incompatible avec les intérêts nationaux américains ».
La décision prendra effet le 3 février 2026, date à laquelle les bénéficiaires haïtiens du TPS perdront leur statut légal s’ils n’ont aucune autre base juridique pour rester aux États-Unis. Le DHS invite les concernés à « se préparer à partir », précisant qu’un processus de départ volontaire pourra être effectué via l’application mobile CBP Home. Ce dispositif inédit, décrit comme un processus de « self-deportation sécurisé », comprend un billet d’avion gratuit, un bonus de sortie de 1 000 dollars et la possibilité d’accéder ultérieurement à certains programmes d’immigration légale.
Cette mesure marque un tournant majeur dans la politique migratoire américaine envers Haïti, déjà confronté à une instabilité extrême et à une insécurité généralisée. Alors que l’administration américaine affirme agir conformément à la loi, la décision risque d’avoir un impact considérable sur des dizaines de milliers de familles haïtiennes installées aux États-Unis depuis des années. Les organisations de défense des droits des migrants, qui dénoncent un choix « brutal » et « déconnecté de la réalité haïtienne », appellent déjà à une mobilisation politique et juridique pour tenter de renverser cette décision.
Djovany Michel est journaliste d’investigation, PDG et rédacteur en chef de Satellite509, média indépendant et sans subvention, spécialisé dans la dénonciation de la corruption et de la mauvaise gouvernance. Il est l’actuel secrétaire général du Réseau Haïtien des Journalistes Anti-Corruption (RHAJAC).
Spécialités : gouvernance, corruption, géopolitique
Basé entre Haïti et la République dominicaine.
