Haïti : un mois après, un inculpé pour trafic d’armes placé à la tête de la Douane, la communauté internationale ferme les yeux
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Il y a un mois jour pour jour, le 19 septembre 2025, Gérald Remplais a été installé à la tête de l’Administration générale des Douanes (AGD), malgré un dossier d’inculpation pour trafic d’armes et blanchiment d’argent.
Une nomination qui illustre une fois de plus la déchéance morale du pouvoir de transition et la corruption ouverte du Conseil présidentiel de transition.

Une nomination achetée à prix fort
Selon plusieurs sources internes et politiques, des conseillers présidentiels auraient reçu d’importantes sommes d’argent pour valider la désignation de Gérald Remplais, déjà cité dans plusieurs enquêtes judiciaires pour trafic illicite.
Cette transaction scandaleuse transforme un poste stratégique — censé protéger les frontières économiques du pays — en butin politique vendu au plus offrant.
Les dénonciations s’accumulent
Le Réseau haïtien des journalistes anti-corruption (RHAJAC) et d’autres organisations de la société civile ont publiquement exigé la révocation immédiate de Gérald Remplais.
Malgré ces alertes, le CPT n’a pris aucune mesure, préférant protéger ses alliés plutôt que de défendre l’État.
Ce comportement constitue, selon plusieurs juristes, un acte de haute trahison envers la République.
Les révélations explosives de Rony Timothée
Le militant politique Rony Timothée a déclaré publiquement que le conseiller présidentiel Louis Gérald Gilles serait directement impliqué dans la nomination de Gérald Remplais, après avoir perçu de l’argent provenant de circuits douteux liés au commerce illégal.
Ces révélations jettent une lumière crue sur le marché noir politique qui gangrène la transition, où chaque signature est achetée et négociée comme une transaction mafieuse.
Silence complice de la communauté internationale
Malgré l’indignation nationale, la communauté internationale continue d’observer sans agir, alors même qu’elle prétend soutenir le retour de la sécurité et de la stabilité en Haïti.
Comment croire à cette promesse quand le chef même de la Douane est accusé d’avoir participé au trafic d’armes qui alimente les gangs ?
Conclusion
Le maintien de Gérald Remplais à la tête de l’AGD, un mois après sa nomination, représente une trahison d’État, un affront à la justice et un danger pour la sécurité nationale.
Le RHAJAC exige des sanctions exemplaires contre les conseillers présidentiels impliqués, notamment Louis Gérald Gilles, Smith Augustin, Emmanuel Vertilaire, Leslie Voltaire, Laurent Saint-Cyr, et l’ouverture d’une enquête indépendante sur les pots-de-vin liés à cette affaire.
Le pire, moins d’un mois après la nomination de Gérald Remplais à la tête de la Douane, une enquête du RHAJAC a révélé qu’un conteneur intercepté — rempli d’uniformes semblables à ceux des forces de l’ordre et d’équipements anti-drones — appartenait à l’homme d’affaires Junior Joseph, proche du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, et à Remplais lui-même.
Impliqué aussi dans l’affaire, Charles Alix, cadre du ministère de l’Intérieur et propriétaire du club Flame Haïti, a vu deux de ses collaborateurs relâchés après leur arrestation.
Cette affaire illustre la collusion entre le pouvoir exécutif, la Douane et des réseaux criminels bénéficiant d’une totale impunité.
Face à ce scandale, la communauté internationale reste silencieuse, cautionnant de fait la corruption d’État et le trafic d’armes qui alimentent les gangs responsables du chaos en Haïti.
Haïti ne pourra se relever que lorsque la corruption ne sera plus la porte d’entrée du pouvoir.
Djovany Michel est journaliste d’investigation, PDG et rédacteur en chef de Satellite509, média indépendant et sans subvention, spécialisé dans la dénonciation de la corruption et de la mauvaise gouvernance. Il est l’actuel secrétaire général du Réseau Haïtien des Journalistes Anti-Corruption (RHAJAC).
Spécialités : gouvernance, corruption, géopolitique
Basé entre Haïti et la République dominicaine.
