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​ Cap-Haïtien : Paul Antoine Bien-Aimé, Valery Fils-Aimé et Joseph Almathe Pierre Louis prennent la poudre d’escampette à Sainte-Philomène sous la pression de la rue

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​ La tension est montée d’un cran dans la cité christophienne ce jeudi 30 avril 2026. Une délégation gouvernementale de haut rang a été violemment prise à partie par des manifestants en colère au carrefour de Sainte-Philomène, illustrant la colère qui sévit entre les autorités de Port-au-Prince et les revendications de la population du Nord.

L’objectif initial de la visite semblait pourtant clair : évaluer l’état des infrastructures de la ville afin d’y porter satisfaction. La délégation était composée de figures de proue du cabinet ministériel, notamment :

​Paul Antoine Bien-Aimé, ministre de l’Intérieur ;
​Valery Fils-Aimé, ministre de l’Environnement ;
​Joseph Almathe Pierre Louis, ministre des Travaux Publics, Transports et Communications (MTPTC).

Malgré la présence de matériels des travaux publics à destination de Vertières, visant à apaiser les tensions, les membres du gouvernement ont été accueillis par une hostilité de marbre. Arrivés à l’intersection de Sainte-Philomène, les officiels ont été littéralement pris au dépourvu l’étendue des barricades.


​Pour cette deuxième journée consécutive de protestation, le Cap-Haïtien offrait le visage d’une ville morte. Barricades de pneus enflammés, débris jonchant la chaussée : le décor était celui d’une révolte urbaine. Par mesure de prudence, le secteur privé et les services publics ont dû baisser rideau avec en toile de fond des ​établissements scolaires fermés, des succursales bancaires inaccessibles et le ​commerce formel au point mort.

Les citoyens dénoncent avec virulence l’état de délabrement avancé des routes et l’inertie du pouvoir central face aux besoins criants du Nord. L’incident de Sainte-Philomène aurait pu connaître une issue tragique. Bloquée par les manifestants, la délégation n’a dû son salut qu’à l’intervention rapide de véhicules blindés de la police, dépêchés en renfort pour exfiltrer les ministres.

​« Ce n’était pas une simple manifestation, c’était un cri de rage », témoigne un riverain. « Envoyer des engins de travaux publics maintenant, c’est trop peu, trop tard. Nous voulons des actes, pas des parades ministérielles. »

​L’impasse persiste

​Malgré la frayeur de cette journée, la détermination des Capois semble intacte. Les manifestants affirment qu’ils n’en démordront pas tant qu’un plan d’intervention sérieux et responsable ne sera pas mis en œuvre

J.P

Djovany Michel est journaliste d’investigation, PDG et rédacteur en chef de Satellite509, média indépendant et sans subvention, spécialisé dans la dénonciation de la corruption et de la mauvaise gouvernance. Il est l’actuel secrétaire général du Réseau Haïtien des Journalistes Anti-Corruption (RHAJAC).

Spécialités : gouvernance, corruption, géopolitique

Basé entre Haïti et la République dominicaine.

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