Policiers blessés abandonnés, 10 mois sans salaire : quand la Police lutte pour survivre et servir
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Deux (2) policiers de la 34e promotion de la Police nationale d’Haïti ont été grièvement blessés lors d’une intervention contre des gangs armés à Lascahobas. L’un d’eux est entre la vie et la mort, faute de soins médicaux adaptés. Cet incident met en lumière l’absence flagrante de mécanismes d’urgence dans la gestion des blessés en service. Aucune prise en charge rapide, aucune structure médicale dédiée : l’institution policière semble incapable de protéger ses propres agents après qu’ils aient risqué – voire sacrifié – leur vie dans l’exercice de leurs fonctions.
Dix mois sans salaire : une précarité indigne pour les garants de l’ordre public
Les agents concernés affirment n’avoir reçu aucun salaire depuis dix mois. Une situation inacceptable, révoltante même, pour des fonctionnaires qui mettent leur vie en danger quotidiennement face à des groupes armés. Ce manquement ne se limite pas à une simple irrégularité administrative ; il traduit un profond mépris pour ceux qui assurent la sécurité du pays. Ce type de négligence favorise la démotivation, la frustration, et pourrait inévitablement ouvrir la porte à la corruption, menaçant encore davantage la stabilité nationale.
Soins d’urgence à deux vitesses : une inégalité flagrante
Le contraste est choquant. Lorsqu’un soldat kenyan est blessé en mission sur le sol haïtien, un hélicoptère est immédiatement dépêché depuis Saint-Domingue pour assurer son évacuation médicale, quelle que soit l’heure. Pendant ce temps, les policiers haïtiens, eux, restent sans assistance, sans soins, parfois sans même un transport pour se rendre à l’hôpital. Cette inégalité de traitement, en plus d’être inhumaine, envoie un message clair : la vie d’un policier haïtien vaut moins. Une humiliation nationale pour ceux qui défendent le drapeau et la sécurité du peuple.
Les policiers haïtiens ne peuvent continuer à défendre le pays tout en étant victimes d’abandon, de précarité, et de silence institutionnel. Il est urgent que les autorités prennent leurs responsabilités : assurer des soins médicaux d’urgence aux agents blessés, régulariser le paiement des salaires en souffrance, et garantir à ces hommes et femmes le respect minimum de leurs droits fondamentaux. Sinon, ce ne sont pas seulement les policiers que l’on perdra… c’est l’équilibre de toute une nation qui vacillera.
Gerlanda F.
Djovany Michel est journaliste d’investigation, PDG et rédacteur en chef de Satellite509, média indépendant et sans subvention, spécialisé dans la dénonciation de la corruption et de la mauvaise gouvernance. Il est l’actuel secrétaire général du Réseau Haïtien des Journalistes Anti-Corruption (RHAJAC).
Spécialités : gouvernance, corruption, géopolitique
Basé entre Haïti et la République dominicaine.
