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Sous le silence complice du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé et du CPT, Haïti s’enfonce dans la terreur

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En Haïti, la violence s’intensifie à mesure que les autorités s’effacent. À Port-au-Prince, la population tente de survivre dans un quotidien rythmé par les affrontements, les déplacements forcés et la peur. Les rares zones encore accessibles, comme Pétion-Ville, sont désormais protégées par des barricades érigées par les habitants eux-mêmes. Les milices dites « citoyennes », issues du mouvement Bwa Kalé, assurent la défense de leurs quartiers en l’absence totale d’une police efficace.
« Ici, les autorités n’existent pas », lâche, amer, un résident de Delmas. Ce vide sécuritaire, toléré — voire entretenu — par le pouvoir en place, nourrit une spirale de violence que rien ne semble pouvoir enrayer.

Depuis l’assassinat du président Jovenel Moïse en 2021 et la démission d’Ariel Henry en 2024, le pays s’enfonce dans une crise institutionnelle sans précédent. Ni élections, ni gouvernement véritablement fonctionnel : seulement un Conseil présidentiel de transition (CPT) paralysé et un Premier ministre, Alix Didier Fils-Aimé, dont le silence face à la détresse du peuple est perçu comme une trahison. Leur mutisme face aux massacres, aux enlèvements et à la misère croissante résonne comme une complicité tacite.
Pendant que les armes crépitent dans la capitale, les responsables politiques se réfugient derrière des promesses creuses et des discours sans effet. Le pays, lui, s’effondre.

Dans les rues de Port-au-Prince, la désolation se lit à chaque coin. Les camps de déplacés s’étendent, remplis de familles ayant fui les violences. L’eau, la nourriture et les soins manquent cruellement.
« On vit comme si on n’existait pas pour ceux qui gouvernent », confie Nelson Vendel, réfugié près de l’aéroport. Plus de six millions d’Haïtiens souffrent aujourd’hui d’insécurité alimentaire, conséquence directe d’un pouvoir absent et d’une économie étranglée par l’insécurité.

Dans les provinces, le désespoir n’est pas moindre. À Mirebalais, Hinche ou dans l’Artibonite, des villages entiers se vident après chaque attaque. Les survivants, livrés à eux-mêmes, ne voient plus dans les autorités un recours, mais un spectateur impassible.
Thelina, jeune mère réfugiée à Hinche, raconte : « Ils ont tout brûlé. J’ai fui avec mes enfants, sans savoir où aller. »

L’inaction du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé et du CPT face à la souffrance du peuple haïtien alimente la colère et la désillusion. Pour beaucoup, ce n’est plus seulement la violence des groupes armés qui détruit le pays, mais surtout la complicité silencieuse de ceux qui prétendent le diriger. Tant que ce silence persistera, Haïti restera une nation abandonnée à la peur, à la faim et à la survie.

Gerlanda F.

Djovany Michel est journaliste d’investigation, PDG et rédacteur en chef de Satellite509, média indépendant et sans subvention, spécialisé dans la dénonciation de la corruption et de la mauvaise gouvernance. Il est l’actuel secrétaire général du Réseau Haïtien des Journalistes Anti-Corruption (RHAJAC).

Spécialités : gouvernance, corruption, géopolitique

Basé entre Haïti et la République dominicaine.

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