Le CPT et le PM Alix Didier Fils-Aimé adoptent un budget de 3,6 milliards de gourdes pour un Parlement fantôme
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En pleine misère nationale, alors que la majorité des Haïtiens luttent chaque €jour pour survivre, le Conseil présidentiel de transition (CPT) et le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé ont approuvé un budget scandaleux de 3,6 milliards de gourdes en faveur du Parlement haïtien, une institution pourtant dépourvue de parlementaires depuis plusieurs années. Cette somme colossale, destinée exclusivement au paiement des salaires, se divise entre 1,9 milliard pour la Chambre des députés et 1,7 milliard pour le Sénat, où sont recensés respectivement 2 354 et 1 416 employés. Autrement dit, 3 770 personnes sont rémunérées chaque mois pour faire fonctionner un Parlement qui n’existe plus.
Le contraste est saisissant : lorsque le Sénat comptait encore des élus, il employait à peine 700 personnes. Aujourd’hui, sans sénateurs ni députés, les effectifs ont plus que doublé, sans aucune justification institutionnelle. Cette multiplication des postes traduit un système d’embauche clientéliste servant avant tout à récompenser des proches du pouvoir. Pendant que les écoles ferment, que les hôpitaux manquent de tout et que la faim ronge les foyers, l’État verse des milliards à un Parlement fantôme. Ce choix budgétaire, validé en silence par le CPT et le Premier ministre, révèle la priorité donnée à l’enrichissement personnel plutôt qu’à la reconstruction du pays.
Cette dérive budgétaire symbolise le cynisme d’un pouvoir déconnecté de la souffrance du peuple. Tandis que les fonctionnaires essentiels — enseignants, policiers, médecins — peinent à être payés, le régime en place entretient des centaines de “salariés fantômes” pour préserver un réseau politique corrompu. En approuvant ce budget indécent, le CPT et Alix Didier Fils-Aimé montrent qu’ils se nourrissent littéralement de la misère d’un peuple meurtri. Ce Parlement sans parlementaires n’est plus qu’un instrument de détournement institutionnalisé, symbole d’un État capturé par ceux qui devraient le servir.
Djovany Michel est journaliste d’investigation, PDG et rédacteur en chef de Satellite509, média indépendant et sans subvention, spécialisé dans la dénonciation de la corruption et de la mauvaise gouvernance. Il est l’actuel secrétaire général du Réseau Haïtien des Journalistes Anti-Corruption (RHAJAC).
Spécialités : gouvernance, corruption, géopolitique
Basé entre Haïti et la République dominicaine.
