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Accusé de complicité dans le vol de véhicules saisis, Carl Henry Péricles qualifie d’erroné le rapport du Bureau des Affaires criminelles et réclame une réévaluation

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Le coordonnateur de la Commission nationale de lutte contre la drogue (CONALD), Carl Henry Péricles, a officiellement saisi, le 24 octobre 2025, le ministre de la Justice et de la Sécurité publique, Dr Patrick Pélissier, pour contester un rapport du Bureau des Affaires criminelles (BAC) qu’il juge « erroné et infondé ». Ce rapport met en cause plusieurs employés du Bureau d’administration du fonds spécial (BAFOS), ainsi que des responsables de la CONALD, dans une affaire de bris de scellés et de vol présumé de véhicules saisis à Tabarre.

Selon la correspondance adressée au ministère, la CONALD affirme que « les scellés avaient déjà été brisés et que plusieurs matériels et équipements avaient disparu » avant même l’arrivée des autorités judiciaires sur les lieux. Malgré ces constats, le BAC aurait, dans son rapport, imputé les faits à deux employés du BAFOS et aux responsables de la commission, en les accusant de vol par effraction, recel d’objets volés et association de malfaiteurs.

Le document, signé par Carl Henry Péricles, souligne que « le site en question appartient légalement à la CONALD/BAFOS, ce qui exclut toute notion de vol ou d’effraction ». Il précise aussi que les personnes concernées « étaient sur les lieux sous l’autorité du commissaire du gouvernement, en conformité avec la loi ». La CONALD soutient qu’« aucun élément de preuve ne permet de retenir les qualifications pénales avancées par le BAC ».

Dans un communiqué distinct, la CONALD déclare voir dans cette affaire « une manœuvre visant à induire en erreur le commissaire du gouvernement, à porter atteinte à la réputation de l’institution et à déstabiliser ses cadres ». L’organisme appelle les autorités à « rappeler les enquêteurs à la rigueur et à l’impartialité qui doivent guider leur mission » et demande une réévaluation complète du dossier.

Un procès-verbal du juge de paix Jean Marie Pauyo, daté du 16 juin 2025, confirme qu’à leur arrivée sur le site de Tabarre, les autorités judiciaires et policières ont constaté que « les scellés apposés ont été brisés » et que plusieurs véhicules avaient été « dépouillés de pièces et accessoires ». Ce constat officiel alimente la demande de clarification formulée par la CONALD.

Tout en réaffirmant sa volonté de « collaborer pleinement avec le ministère de la Justice, la DCPJ et toutes les instances compétentes », la CONALD insiste sur la nécessité d’établir la vérité « dans le respect du droit et de l’État de droit ». Le ministère n’a pas encore communiqué sur la suite qu’il entend donner à cette requête.

Djovany Michel est journaliste d’investigation, PDG et rédacteur en chef de Satellite509, média indépendant et sans subvention, spécialisé dans la dénonciation de la corruption et de la mauvaise gouvernance. Il est l’actuel secrétaire général du Réseau Haïtien des Journalistes Anti-Corruption (RHAJAC).

Spécialités : gouvernance, corruption, géopolitique

Basé entre Haïti et la République dominicaine.

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