Avant l’incendie des locaux de la Radio Émancipation, Jeffson Célestin, alias « Janm Sot Ba », conseillait Barbecue de remettre une lettre visant TT, affirmant : « Kreyol pale, kreyol konprann »
3 min readUne nouvelle vidéo devenue virale sur les réseaux sociaux soulève de vives inquiétudes quant à la montée du discours violent en Haïti. Dans cet enregistrement, Jefferson Célestin, connu sous le surnom de « Janm Sot Ba », s’adresse directement à Jimmy Chérizier, alias « Barbecue », chef de la coalition armée « Viv Ansanm ». De manière implicite mais sans ambiguïté, Célestin incite à une action violente contre la radio Émancipation, après avoir vertement critiqué Thériel Thélus pour ses prises de position publiques contre les groupes armés.
« Kreyol pale, kreyol konprann », a-t-il lancé — une phrase qui résonne comme un avertissement codé adressé aux partisans de Barbecue. La sortie de Jefferson Célestin s’inscrit dans un contexte explosif où les liens entre figures publiques controversées et chefs terroristes s’entremêlent dangereusement. Connu pour avoir déjà encouragé l’incendie de plusieurs infrastructures stratégiques, Célestin accuse Thériel Thélus d’avoir « induit le peuple haïtien en erreur » à travers ses révélations sur le rôle des groupes armés dans la crise nationale.
Sa « demande » à Barbecue d’apporter une lettre à la radio diffusant les messages de Thélus s’est avérée être une menace déguisée, voire un appel implicite à la destruction. En effet, le samedi 1ᵉʳ novembre 2025, des hommes armés identifiés comme membres de la coalition « Viv Ansanm » ont incendié l’Université Soleil d’Haïti (USH), située rue O, à Turgeau. L’établissement, fondé par l’ancien sénateur Jean Renel Sénatus, abritait également les locaux de la radio Émancipation. L’incendie a réduit en cendres ce haut lieu du savoir qui accueillait des centaines d’étudiants, plongeant le secteur éducatif dans un deuil national. L’ex-parlementaire a lui-même confirmé la nouvelle, évoquant la perte d’un symbole d’espoir pour la jeunesse haïtienne.
Ce nouvel acte de barbarie met une fois de plus en lumière l’impuissance des autorités face à la montée des groupes armés qui sévissent impunément à Port-au-Prince. Alors que les universités, écoles, hôpitaux, radios et commissariats deviennent des cibles récurrentes, le Conseil présidentiel de transition (CPT) et le gouvernement dirigé par Alix Didier Fils-Aimé peinent à instaurer la moindre sécurité. Leur silence et leur inaction traduisent un abandon inquiétant de la population et des institutions éducatives, pourtant essentielles à la reconstruction du pays.
Face à cette tragédie, de nombreuses voix s’élèvent pour dénoncer la passivité d’un État démissionnaire, incapable de protéger ni les vies ni les savoirs. L’incendie de l’USH n’est pas seulement une attaque contre une infrastructure universitaire, mais une agression directe contre l’avenir d’Haïti. Tant que le gouvernement et le CPT continueront à observer sans agir, le pays restera prisonnier de la peur, du chaos et de la destruction.
Gerlanda F.
Djovany Michel est journaliste d’investigation, PDG et rédacteur en chef de Satellite509, média indépendant et sans subvention, spécialisé dans la dénonciation de la corruption et de la mauvaise gouvernance. Il est l’actuel secrétaire général du Réseau Haïtien des Journalistes Anti-Corruption (RHAJAC).
Spécialités : gouvernance, corruption, géopolitique
Basé entre Haïti et la République dominicaine.
