Pour éviter la lecture de l’audio prouvant qu’elle avait remis des armes de guerre à un chef terroriste, Rosemila Petit-Frère a perdu connaissance au tribunal
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Selon le militant politique Myrthil Macelin, alias Arab, le malaise de Rosemila Petit-Frère lors de son audience au tribunal est une mise en scène soigneusement préparée pour empêcher la justice d’écouter un enregistrement compromettant prouvant son implication dans la remise d’armes de guerre à un chef terroriste.
Lors de sa comparution au tribunal le mardi 4 novembre 2025, Rosemila Petit-Frère s’est évanouie au moment où la cour s’apprêtait à présenter des preuves majeures de son implication dans le trafic d’armes à destination du groupe armé de Jeff, chef terroriste de Canaaan. Ce malaise, survenu à un moment clé de la procédure, a immédiatement suscité la suspicion de plusieurs observateurs, dont Myrthil Macelin, figure politique connue sous le pseudonyme Arab. Pour lui, cette crise n’était pas naturelle mais calculée.
Dans une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux, Arab a déclaré mot pour mot : « Rosemila se pi gwo teworis Ayiti genyen ak tout André Michel. » Selon lui, le chef terroriste Jeff Gwo Lwa, qui dirige le groupe armé de Canaan, avait révélé que « 4 premye manch long li te genyen yo lè gwoup li ap te fenk ap fòme, se Rosemila ki te ba li yo. » Des propos qui impliquent directement la prévenue dans l’armement initial d’un réseau criminel redouté dans le pays.
Le militant est allé plus loin en accusant l’ancien président Jean-Bertrand Aristide, qu’il a indexé « pami gwo chèf gang Ayiti genyen yo. » Selon lui, tout ce qui s’est passé au tribunal relève d’un scénario bien ficelé : « Kesyon kriz Rosemila, se yon plan ki byen monte. » Il soutient que les alliés de la prévenue auraient délibérément couvert son visage avec un chapeau pendant son transfert vers le véhicule, ignorant les demandes des journalistes de découvrir son visage. Toujours d’après Arab, « objektif kou sa, se pou jij la pa tande l, epi prezante prèv yo, paske tout prèv ki pou abouti ak kondanasyon Rosemila yo la, e menm nòt vokal la ki fè referans ak 4 zam gwo kalib yo la tou. »
Myrthil Macelin appelle les autorités à ne pas se laisser piéger par ce qu’il considère comme une stratégie de diversion. Il affirme que si certains individus ont été emprisonnés pour des faits similaires, la même rigueur doit s’appliquer à Rosemila. « Si Kempès Sanon ki te mekanisyen vin gang, si Jeff vin gang, se gras ak Rosemila… Kidonk, si moun sa yo se gang, se moun lapolis ap chèche pou l mete nan prizon, li dwe valab pou Rosemila, » a-t-il insisté, dénonçant une justice à deux vitesses.
Ces accusations soulèvent de vives inquiétudes quant à la profondeur des liens entre le monde politique et les réseaux criminels en Haïti. Entre manipulations supposées, alliances occultes et instrumentalisation de la justice, le dossier Rosemila Petit-Frère met en lumière les dérives d’un système où la vérité semble souvent étouffée par le pouvoir et la peur. La société haïtienne, en attente d’un sursaut judiciaire, observe désormais si les institutions sauront affronter ce dossier explosif avec indépendance et courage.
Djovany Michel est journaliste d’investigation, PDG et rédacteur en chef de Satellite509, média indépendant et sans subvention, spécialisé dans la dénonciation de la corruption et de la mauvaise gouvernance. Il est l’actuel secrétaire général du Réseau Haïtien des Journalistes Anti-Corruption (RHAJAC).
Spécialités : gouvernance, corruption, géopolitique
Basé entre Haïti et la République dominicaine.
