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Face aux soupçons, Stéphanie Sophie Louis clarifie : “Astreya n’a reçu ni argent ni soutien matériel d’Olivier Barreau”

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À première vue, le programme Astreya, mentorat féminin et autonomisation entrepreneuriale semblait être une initiative noble, portée par une jeunesse dynamique et ambitieuse. Mais derrière les discours lissés et les sourires du Palm Hôtel, le mercredi 5 novembre 2025, se cachait une autre réalité : celle d’une opération de séduction orchestrée par l’oligarque controversé Olivier Barreau, plus connu dans les milieux d’affaires et politiques que dans les cercles sociaux.

Depuis plusieurs semaines, des rumeurs persistantes font état d’une tentative de récupération politique d’Astreya par Barreau, qui chercherait à redorer son image ternie par des accusations de corruption, de trafic de stupéfiants et d’armes, en s’associant à des projets d’apparence humanitaire.

Mais ce lundi 10 novembre 2025, la présidente du Gouvernement de la Jeunesse et directrice générale d’Astreya Management, Stéphanie Sophie Louis, a contacté directement notre rédaction et a tenu à mettre les choses au clair :

« Je n’ai reçu aucune subvention, ni argent, ni soutien matériel d’Olivier Barreau », a-t-elle déclaré.
« L’organisation Astreya n’a aucune vocation politique et ne peut être ni récupérée ni achetée politiquement par quiconque. »

Ces mots résonnent comme un désaveu cinglant face aux ambitions masquées d’un homme dont la réputation d’oligarque n’est plus à prouver.

Des manœuvres troubles à l’ONA : le vrai visage du mécène

Car ce n’est pas la première fois qu’Olivier Barreau utilise des structures publiques ou sociales pour servir ses intérêts personnels. À l’Office national d’assurance-vieillesse (ONA), son influence est devenue flagrante à travers Ronald Bazil, directeur général réputé proche de lui.

Sous leur gestion, un système d’extorsion déguisée s’est mis en place : pour qu’un petit commerçant obtienne un prêt de 100 000 gourdes, il doit obligatoirement verser 300 gourdes par mois pendant douze mois à une prétendue assurance-vie AIC, société contrôlée par Barreau lui-même.

Ce dispositif, appliqué à environ 50 000 petits emprunteurs, représente une ponction mensuelle colossale estimée à plus de 180 millions de gourdes par an, une manne financière issue directement des poches de travailleurs précaires.

Ainsi, derrière la façade d’entrepreneur social se cache un homme qui a transformé les institutions publiques en instruments d’enrichissement personnel, au détriment des citoyens qu’il prétend aujourd’hui vouloir « autonomiser ».

Une stratégie bien rodée : blanchiment d’image et ambitions politiques

Pour nombre d’observateurs, cette offensive sociale d’Olivier Barreau n’est qu’une campagne de réhabilitation orchestrée.

Après avoir longtemps été associé à des réseaux économiques douteux, il s’appuie désormais sur des figures jeunes et crédibles pour se présenter comme un bienfaiteur.

Mais la population n’est pas dupe. Dans un pays où les oligarques se déguisent en philanthropes, chaque geste de “générosité” cache un calcul politique.

L’histoire récente d’Haïti est remplie de ces stratagèmes : acheter l’opinion publique avec des actions sociales ponctuelles, tout en maintenant la misère qu’on prétend combattre.

Et si cette nouvelle tentative échoue, comme tant d’autres avant elle, elle laissera au moins une leçon :

Le vernis social ne suffit plus à masquer la corruption.

Djovany Michel est journaliste d’investigation, PDG et rédacteur en chef de Satellite509, média indépendant et sans subvention, spécialisé dans la dénonciation de la corruption et de la mauvaise gouvernance. Il est l’actuel secrétaire général du Réseau Haïtien des Journalistes Anti-Corruption (RHAJAC).

Spécialités : gouvernance, corruption, géopolitique

Basé entre Haïti et la République dominicaine.

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