André Apaid Jr trahi par son propre monstre : “Lanmò San Jou” divulgue les vidéos compromettantes, le RHAJAC dénonce le silence des autorités
3 min read
Un scandale d’une ampleur sans précédent secoue la scène haïtienne : des vidéos largement diffusées depuis le 9 novembre montrent ce qui semble être une usine de marijuana et de cocaïne, ainsi que des restes humains. Ces images, attribuées à l’oligarque haïtien et citoyen américain André “Andy” Apaid Jr, provoquent l’indignation du Réseau Haïtien des Journalistes Anti-Corruption (RHAJAC) — et la stupeur d’une population abandonnée à l’impunité.
Un silence d’État qui dérange
Malgré la gravité des accusations et les preuves visuelles en circulation, aucune institution n’a encore pris la parole : ni la Direction Centrale de la Police Judiciaire (DCPJ), ni la Commission Nationale de Lutte contre la Drogue (CONALD), ni le ministère de la Justice et de la Sécurité publique (MJSP).
Ce mutisme, selon le RHAJAC, traduit une complicité silencieuse et une défaillance morale des structures censées combattre le crime organisé.
« L’État semble paralysé dès qu’il s’agit de toucher à un nom puissant. Ce silence n’est pas une omission : c’est une stratégie de protection des intouchables », dénonce le RHAJAC.
Chantage, affrontement armé et vidéos compromettantes
Selon une enquête préliminaire du réseau, le chef de gang Wilson Joseph alias “Lanmò San Jou” aurait réclamé à Apaid une hausse de financement sous menace de divulguer des vidéos compromettantes.
Le refus de l’homme d’affaires aurait entraîné une attaque armée menée par les hommes de “Lanmò San Jou” le vendredi 7 novembre.
L’assaut aurait coûté la vie à plusieurs de ses soldats et à deux de ses véhicules — dont l’un portait l’inscription “LE WA PLIP PLIP”.
Quelques heures plus tard, une vidéo de chantage a été publiée :
on y voit le chef de gang visiblement furieux, lançant un ultimatum à Apaid. Deux jours plus tard, les fameuses images montrant l’usine suspecte et des restes humains inondent les réseaux sociaux.
Apaid Jr, un nom déjà sanctionné
Le RHAJAC rappelle qu’en juin 2023, le gouvernement du Canada avait déjà sanctionné André Apaid Jr, aux côtés de trois chefs de gangs notoires :
Wilson Joseph alias “Lanmò San Jou” (400 Mawozo)
Innocent Vitelhomme alias “Vitelom” (Kraze Barye)
Johnson André alias “Izo” (5 Secondes)
Tous accusés de violations graves des droits humains, de violences sexuelles et de complicité dans le climat d’insécurité qui ravage Haïti.
L’argent comme bouclier
Alors que le pays s’interroge sur la véracité des faits, André Apaid Jr garde le silence. Un silence qui, selon le RHAJAC, n’est pas celui de l’innocence mais celui de la richesse et de l’influence :
« Apaid a choisi de laisser son argent parler pour lui, comme si la fortune pouvait laver les soupçons. Mais le peuple, lui, n’oublie pas. »
Un appel à la justice
Le RHAJAC exige :
L’ouverture immédiate d’une enquête judiciaire indépendante et transparente ;
Une prise de position officielle du ministère de la Justice et de la CONALD ;
Une coopération internationale renforcée pour traquer les réseaux liés au trafic de drogue et d’organes.
Haïti ne peut plus être le royaume des intouchables
Le RHAJAC conclut en appelant les journalistes, défenseurs des droits humains et citoyens engagés à la vigilance :
« Haïti ne peut plus être le refuge de ceux qui achètent le silence et manipulent la peur.
L’heure est venue pour que la vérité éclate et que justice soit rendue — sans exception. »
Djovany Michel est journaliste d’investigation, PDG et rédacteur en chef de Satellite509, média indépendant et sans subvention, spécialisé dans la dénonciation de la corruption et de la mauvaise gouvernance. Il est l’actuel secrétaire général du Réseau Haïtien des Journalistes Anti-Corruption (RHAJAC).
Spécialités : gouvernance, corruption, géopolitique
Basé entre Haïti et la République dominicaine.
