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Incapables de faire fonctionner la justice, les juges se laissent manipuler : après Joseph Mécène Jean-Louis, l’opposition recycle Jean Joseph Lebrun

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L’histoire politique haïtienne suit un schéma désormais familier :
à chaque crise, un juge de la Cour de cassation est propulsé comme “solution nationale” pour servir des agendas politiques.

En 2021, un membre de la plus haute juridiction fut instrumentalisé contre le président Jovenel Moïse.
Aujourd’hui, c’est le président même de cette Cour qui est présenté comme futur chef de transition par une frange de l’opposition.

Même méthode.
Même façade institutionnelle.
Même manipulation politique.

2021 : Mécène Jean-Louis, magistrat recyclé en président de rupture avant l’assassinat du président Jovenel Moïse.

Il faut rappeler que, de 2011 à 2021, Joseph Mécène Jean-Louis était membre de la Cour de cassation de la République d’Haïti, la plus haute instance judiciaire du pays.

Au cœur de la crise politique, l’opposition le choisit comme prétendu président de la transition face à Jovenel Moïse.

Mais ce choix n’avait rien d’institutionnel. Il était politiquement téléguidé, notamment par André Michel, principal porte-voix de l’opposition de l’époque. C’est lui qui imposait publiquement Mécène Jean-Louis comme seul habilité à diriger le dialogue politique et la transition.

En réalité, le juge ne dirigeait rien.
Il servait de couverture judiciaire à une offensive politique.

Un président fantôme : jamais installé, bloqué et poursuivi

Pendant que l’opposition le présentait comme chef d’État :

1- il n’a jamais été officiellement installé
2- il faisait l’objet d’une interdiction de départ du territoire
3- il était visé par des accusations graves de complot contre la sûreté de l’État

Même si l’interdiction de départ a été levée le 22 septembre 2021, trois mois après l’assassinat du président Jovenel Moïse dans la nuit du 7 au 8 juillet 2021, le juge Mécène a perdu toute popularité et sa carrière s’est achevée dans l’ombre, et le pouvoir a été confié au Premier ministre nommé par le président Jovenel Moïse avant sa mort : Ariel Henry a été installé le 20 juillet 2021 et dirigeait seul le pays jusqu’au 24 avril 2024.

2026 : le juge Jean Joseph Lebrun, la reproduction moderne du même scénario

Aujourd’hui, l’histoire se répète presque à l’identique.

Jean Joseph Lebrun, juge et président de la Cour de cassation, est désormais promu par une frange politique dirigée par Me Jean Renel Sénatus comme futur chef de transition après le 7 février 2026.

Encore une fois :

1- une figure judiciaire pour donner une illusion de légalité
2- une crise politique exploitée
3- des acteurs civils et politiques en arrière-plan
4- une justice défaillante recyclée en pouvoir exécutif

Hier : un membre de la Cour de cassation manipulé contre un président élu.
Aujourd’hui : le président de cette même Cour propulsé comme solution politique.

Deux juges, même scénario

Promouvoir un juge de la Cour de cassation pour diriger la transition, alors que cette institution a lamentablement échoué à faire fonctionner la justice, relève d’une véritable imposture nationale.

C’est recycler l’échec pour gouverner la crise, récompenser l’incompétence et consacrer l’impunité au sommet de l’État.

Ces magistrats ont laissé la corruption prospérer et la justice s’effondrer ; aujourd’hui, ils se laissent manipuler par des acteurs politiques assoiffés de pouvoir, utilisés comme instruments pour prétendre sauver Haïti : une aberration totale.

Les fossoyeurs de la justice ne peuvent pas être les architectes de l’État de droit.

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