Haïti : le mouvement « Lajenes Kisa w Vle » salue le nouveau gouvernement tout en restant vigilant
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Le mouvement « Lajenes Kisa w Vle » (LKV) a publié, le 2 mars 2026 à Port-au-Prince, une note de presse dans laquelle il salue la composition du nouveau gouvernement tout en appelant à la prudence. L’organisation a adressé « ses vœux sincères de courage et de lucidité » aux membres de l’équipe gouvernementale, estimant que la période actuelle constitue un moment critique pour le pays.
Dans sa déclaration, le mouvement souligne que la mission confiée aux nouvelles autorités « n’est pas une mission ordinaire » et qu’elle engage la possibilité de « refermer une page de transitions répétées » qui, selon lui, ont affaibli les institutions et épuisé la population. Le LKV affirme sans détour que « cette transition doit être la dernière », non par résignation, mais par volonté de rupture et de renaissance.

Le mouvement précise toutefois qu’il n’a pas signé le Pacte national pour la stabilité et l’organisation des élections. Selon ses responsables, le texte tel que présenté ne correspond ni à leur vision ni à l’esprit du document de propositions qu’ils avaient soumis. Le LKV indique avoir plaidé pour une feuille de route claire, limitée dans le temps, avec des objectifs mesurables et des échéances précises.
Parmi ses propositions, l’organisation rappelle avoir recommandé la réduction du nombre de ministères à douze afin d’alléger les dépenses publiques, la création d’un Pôle de sécurité nationale pour coordonner la refondation des forces de l’ordre, ainsi que l’instauration d’un mécanisme inédit de transparence et de reddition de comptes à chaque étape de la transition. Le mouvement affirme qu’il s’agissait d’une démarche relevant de la « nécessité nationale » et non d’une logique partisane.
Tout en reconnaissant les initiatives allant dans le bon sens, le LKV affirme rester « vigilant » et « intransigeant sur les principes ». Reprenant sa position exprimée le 7 février 2026, l’organisation souligne que le Premier ministre et son gouvernement « ne bénéficient pas d’un chèque en blanc » et que leur légitimité se mesurera « aux actes, non aux discours ».
Le mouvement dit vouloir un État responsable devant la nation, des institutions affranchies de la peur et de la corruption, ainsi qu’une gouvernance centrée sur l’intérêt général. Il affirme enfin son engagement à demeurer « présent, lucide et intransigeant » aux côtés de la jeunesse et de la majorité silencieuse qui aspire, selon ses termes, à un État digne et à un pacte générationnel de progrès.
Léandro S Léonard
Djovany Michel est journaliste d’investigation, PDG et rédacteur en chef de Satellite509, média indépendant et sans subvention, spécialisé dans la dénonciation de la corruption et de la mauvaise gouvernance. Il est l’actuel secrétaire général du Réseau Haïtien des Journalistes Anti-Corruption (RHAJAC).
Spécialités : gouvernance, corruption, géopolitique
Basé entre Haïti et la République dominicaine.
