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“13 mois sans salaire” : des personnes handicapées dénoncent l’abandon du gouvernement d’Alix Didier Fils-Aimé

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Plusieurs personnes handicapées ont foulé le macadam ce mercredi 18 mars 2026 pour réclamer le paiement de leurs salaires. Selon ces protestataires, cela fait plus de 13 mois sans rémunération, une situation qu’ils jugent inacceptable. Ils dénoncent le silence des autorités et pointent du doigt l’inaction du gouvernement dirigé par Alix Didier Fils-Aimé.

Dans une vidéo parvenue à notre rédaction, l’un des manifestants explique que les engagements pris par les responsables étatiques n’ont jamais été respectés.
« Nou vini la pou de rezon. Premyèman, nou se yon gwoup andikape ki siyen kontra ak ministè piblik, nou gen plis pase yon lane yo pa janm ka touche. Dezyèmman, nan dat 20 desanm 2025 la, PM Alix Didier Fils-Aimé te di nou, depi dosye nou yo rive devan l, l ap nome nou. Nou pase, gouvènman chanje, nou pa janm jwenn anyen », a-t-il déclaré.

Capture d’écran de la vidéo la manifestation des handicapés, le 18 mars 2026.

Le manifestant affirme également que les autorités avaient tenté de justifier ce retard par des raisons administratives liées à l’ancien ministre des Finances, Alfred Fils Metellus.
« Yo te di nou se akoz ansyen minis Finans lan ki fè lajan yo pa soti. Men jodi a li pa la ankò, e anyen pa chanje », a-t-il dénoncé avec amertume.

De son côté, Rachelle une autre participante à la mobilisation, insiste sur la gravité de la situation et les difficultés auxquelles font face ces citoyens.
« Nou vini la, paske nou sou plis pase yon lane depi yo pa peye moun andikape yo, ni nome nou, alòske nou nan gran bezwen. Ou konn kijan lavi a difisil, sitou pou moun andikape yo. Nou vin reklame nominasyon ak salè nou », a-t-elle déclaré.

Jonathan, un autre protestataire, qualifie le comportement des autorités d’inacceptable. Selon lui, les personnes handicapées devraient bénéficier d’une attention particulière de la part de l’État.
« Sa yo ap fè a pa nòmal. Nou se moun andikape, nou ta dwe gen plis konsiderasyon. Sa pa dwe fèt pou kèk moun sèlman, men pou tout moun ki nan menm sitiyasyon an », a-t-il martelé.

Au-delà des témoignages, cette mobilisation met en lumière une réalité alarmante : celle de citoyens vulnérables, laissés pour compte par les institutions publiques. Le non-paiement des salaires pendant plus d’un an, combiné à l’absence de nomination, constitue une situation préoccupante qui interroge sur le respect des engagements de l’État.

Face à cette crise, le silence des autorités ne fait qu’amplifier la frustration des protestataires. Pour ces derniers, il ne s’agit pas seulement d’une revendication salariale, mais d’un combat pour la dignité, le respect et la reconnaissance.

En attendant des réponses concrètes, ces personnes handicapées promettent de poursuivre leur mobilisation jusqu’à ce que leurs droits soient respectés. Leur cri, « Nou pa touche depi plis pase yon lane », résonne aujourd’hui comme un symbole fort d’abandon, mais aussi de résistance face à l’indifférence.

Léandro S Léonard

Djovany Michel est journaliste d’investigation, PDG et rédacteur en chef de Satellite509, média indépendant et sans subvention, spécialisé dans la dénonciation de la corruption et de la mauvaise gouvernance. Il est l’actuel secrétaire général du Réseau Haïtien des Journalistes Anti-Corruption (RHAJAC).

Spécialités : gouvernance, corruption, géopolitique

Basé entre Haïti et la République dominicaine.

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