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Haïti : l’association de journalistes, AMLIH alerte sur une menace directe d’Alix Didier Fils-Aimé contre la liberté d’expression

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L’Association des Médias en Ligne Indépendants d’Haïti (AMLH) tire la sonnette d’alarme face à ce qu’elle considère comme une dérive préoccupante du pouvoir exécutif. Dans un communiqué de presse daté du 29 mars 2026, l’organisation met directement en cause les décrets adoptés sous l’administration du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, qu’elle juge susceptibles de porter atteinte à la liberté d’expression et à l’indépendance de la presse en Haïti.

Capture d’écran de la note de l’AMLIH, parvenue à notre rédaction le 2 avril 2026.

Selon l’AMLH, ces textes concernent notamment l’organisation de la Haute Cour de justice ainsi que la régulation de l’exercice de la liberté d’expression, à travers des dispositions liées à la prévention et à la répression des délits de diffamation et de presse. L’association y voit une reconfiguration inquiétante des rapports entre l’État et les médias, avec des conséquences directes pour les journalistes et les plateformes d’information en ligne.

Dans son analyse, l’organisation souligne que certaines mesures pourraient ouvrir la voie à des dérives, en renforçant les mécanismes de contrôle et de sanction contre les professionnels des médias. Elle insiste sur le fait que, dans un contexte marqué par l’insécurité, l’instabilité institutionnelle et l’absence de garanties solides, toute réforme touchant à la presse doit être encadrée avec transparence et concertation.

Décret du 17 décembre 2025 portant organisation et fonctionnement de la Haute Cour de Justice en Haïti

L’AMLIH rappelle également l’importance de l’autorégulation du secteur, de la professionnalisation du journalisme et du renforcement des capacités des acteurs médiatiques. Elle appelle à une mobilisation rapide des autres associations de médias afin d’engager un dialogue direct avec le chef du gouvernement et de proposer des modifications au décret contesté, adopté en décembre 2025.

Au-delà de la critique, l’association met en garde contre toute tentative de restriction arbitraire des libertés fondamentales, estimant qu’une telle orientation pourrait accentuer la méfiance entre les institutions publiques et les médias, dans un pays déjà fragilisé.

Le communiqué de presse a été signé par plusieurs membres du comité de l’AMLIH, dont le président Kenzy Bernard, le secrétaire général Richardson Séraphin, Aly Zéphirin (administrateur) et Ulrick Tulme (administrateur adjoint). Il porte également les signatures des conseillers Yves Manuel, Philippe Joseph et Campagne Joseph.

Cette prise de position intervient dans un climat de tensions croissantes autour de la gouvernance et du fonctionnement des institutions en Haïti. Pour l’AMLIH, il est encore temps de corriger le cap, à condition d’ouvrir un espace de dialogue réel et transparent entre les autorités et les acteurs du secteur médiatique.

Djovany Michel

Djovany Michel est journaliste d’investigation, PDG et rédacteur en chef de Satellite509, média indépendant et sans subvention, spécialisé dans la dénonciation de la corruption et de la mauvaise gouvernance. Il est l’actuel secrétaire général du Réseau Haïtien des Journalistes Anti-Corruption (RHAJAC).

Spécialités : gouvernance, corruption, géopolitique

Basé entre Haïti et la République dominicaine.

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