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L’ONU confirme au moins quatre cas de viol impliquant la mission kényane en Haïti

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Un rapport des Nations unies révèle qu’au moins quatre cas de viol impliquant des membres de la mission multinationale de soutien à la sécurité dirigée par le Kenya en Haïti ont été confirmés. Les faits, documentés par le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme, concernent des actes d’exploitation et d’abus sexuels signalés au cours de l’année écoulée, ont relayé des médias internationaux le 2 avril 2026.

Selon le rapport, les victimes sont quatre jeunes filles âgées de 12, 16, 16 et 18 ans. Dans chacun des cas, les enquêtes menées ont conclu à des violations avérées. Toutefois, peu d’informations ont été rendues publiques quant aux circonstances précises des agressions. Dans la majorité des dossiers, les mesures disciplinaires ou judiciaires restent en attente, tandis qu’un cas a fait l’objet d’une enquête interne au sein de la mission.

Bien que cette force soit autorisée par le Conseil de sécurité des Nations unies depuis 2023, elle n’est pas directement placée sous commandement onusien. Composée en grande partie de policiers kényans, elle a été déployée en Haïti à partir de juin 2024 pour appuyer la lutte contre les gangs armés. La mission est aujourd’hui en cours de retrait, alors qu’une nouvelle force internationale commence à prendre le relais.

Face à ces révélations, les Nations unies insistent sur la nécessité d’instaurer des mécanismes rigoureux pour prévenir les abus, enquêter de manière indépendante et garantir la transparence. L’organisation souligne que ces mesures sont essentielles pour renforcer la crédibilité et l’efficacité des interventions internationales dans un contexte aussi fragile que celui d’Haïti.

Ces cas confirmés ravivent les inquiétudes concernant les dérives de certaines forces étrangères déployées dans le pays. Par le passé, des accusations similaires avaient déjà visé des Casques bleus de l’ONU, dont la mission s’est achevée en 2017, laissant derrière elle un lourd passif en matière d’exploitation et d’abus sexuels.

Alors que la crise sécuritaire persiste en Haïti, ces révélations soulignent l’urgence de protéger les populations les plus vulnérables, en particulier les femmes et les mineures, souvent premières victimes des violences dans ce contexte d’instabilité prolongée.

Gerlanda Filéus

Djovany Michel est journaliste d’investigation, PDG et rédacteur en chef de Satellite509, média indépendant et sans subvention, spécialisé dans la dénonciation de la corruption et de la mauvaise gouvernance. Il est l’actuel secrétaire général du Réseau Haïtien des Journalistes Anti-Corruption (RHAJAC).

Spécialités : gouvernance, corruption, géopolitique

Basé entre Haïti et la République dominicaine.

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