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Haïti : pour contourner sa révocation, Vladimir Paraison active une machine de propagande, pendant que les massacres se multiplient

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Depuis sa nomination le 8 août 2025 à la tête de la Police nationale d’Haïti (PNH), Vladimir Paraison fait face à une détérioration continue de la situation sécuritaire. Le pays s’enfonce dans une spirale de violences extrêmes, marquée par des massacres à répétition, des enlèvements, des viols et une criminalité généralisée.

Dans la nuit du samedi 28 au dimanche 29 mars 2026, l’Artibonite spécialement dans la localité de Jean Dennis été le théâtre d’un massacre d’ampleur. Des hommes armés ont semé la terreur, multipliant les exécutions, incendiant des habitations et forçant des populations entières à fuir. Ce drame a profondément choqué l’opinion et illustré l’incapacité des forces de l’ordre à prévenir ou contenir ces attaques.

Moins de deux semaines plus tard, dans la soirée du 13 avril, la localité de Seguin, dans le Sud-Est, a été frappée à son tour. Au moins sept brigadiers y ont été exécutés lors d’une attaque d’une brutalité extrême, sur fond d’accusations persistantes de repli ou d’abandon de positions par des agents de la PNH.

Au-delà de ces massacres, la violence s’installe durablement dans le quotidien des Haïtiens : kidnappings contre rançon, viols utilisés comme arme de terreur, assassinats en pleine rue, vols et pillages systématiques. Une insécurité généralisée qui ne cesse de s’étendre.

Face à cette réalité, de nombreuses critiques visent directement la gestion du haut commandement policier. Car pendant que le pays s’embrase, la direction de la PNH met en avant, sur les réseaux sociaux, des opérations présentées comme des “zones reprises”, une communication jugée largement déconnectée du terrain.

Pour plusieurs observateurs, cette stratégie s’apparente à une propagande visant à atténuer les critiques et à désamorcer les appels à révocation, plutôt qu’à une réponse sécuritaire réelle et efficace contre les groupes armés.

Pendant ce temps, les gangs consolident leur emprise, contrôlent des axes stratégiques, imposent leur loi et poursuivent leurs exactions sans réponse proportionnelle de l’État.

Les massacres de l’Artibonite (28–29 mars) et de Seguin (13 avril), ainsi que la multiplication des kidnappings, viols et assassinats à travers le pays, traduisent un même constat : l’échec à contenir l’expansion des groupes armés.

Dans ce contexte, les rumeurs de révocation de Vladimir Paraison se font de plus en plus insistantes, portées par une colère populaire grandissante.

Une question demeure : combien de massacres faudra-t-il encore pour que des décisions concrètes soient prises ?

Djovany Michel

Djovany Michel est journaliste d’investigation, PDG et rédacteur en chef de Satellite509, média indépendant et sans subvention, spécialisé dans la dénonciation de la corruption et de la mauvaise gouvernance. Il est l’actuel secrétaire général du Réseau Haïtien des Journalistes Anti-Corruption (RHAJAC).

Spécialités : gouvernance, corruption, géopolitique

Basé entre Haïti et la République dominicaine.

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