Serge Gabriel Colin tente de rallier secteurs politiques et groupes armés pour remplacer Alix Didier Fils-Aimé après le 7 juin
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Alors que l’échéance politique du 7 juin approche dangereusement pour le pouvoir en place, de nouvelles manœuvres internes agitent déjà le sommet de l’État. L’actuel ministre de l’Économie et des Finances, Serge Gabriel Colin, aurait entamé des négociations discrètes avec plusieurs membres du gouvernement afin de préparer le remplacement d’Alix Didier Fils-Aimé comme Premier ministre a.i.
Selon une source proche du Conseil des ministres, Serge Gabriel Colin aurait déjà promis à certains signataires de l’accord du 14 janvier 2026 qu’il soutiendrait une formule de transition bicéphale impliquant un juge de la Cour de cassation. Des contacts auraient également été établis avec certains acteurs du Pacte pour la stabilité.
Mais les révélations les plus préoccupantes concernent les liens présumés entretenus avec certains chefs de gangs influents. D’après les informations obtenues, plusieurs démarches auraient été entreprises auprès de groupes armés avec lesquels Serge Gabriel Colin aurait développé des relations durant son passage au FAES. Pour l’instant, ses discussions avec certains secteurs internationaux restent inconnues.
Cette réalité renforce les inquiétudes autour d’une transition politique une nouvelle fois négociée dans l’ombre, sous influence d’intérêts armés, économiques et politiques, pendant que la population continue de subir l’effondrement sécuritaire du pays.

Depuis l’arrivée d’Alix Didier Fils-Aimé à la Primature, aucun chef de gang majeur n’a été neutralisé, aucune route stratégique n’a été reprise durablement par l’État et aucune avancée concrète n’a été réalisée pour organiser des élections crédibles. Malgré cela, plusieurs proches du pouvoir continuent d’agiter l’article 149 de la Constitution comme instrument de maintien politique, alors que de nombreux secteurs rappellent que le mandat d’Alix Didier Fils-Aimé devrait prendre fin le 7 juin 2026.
L’implication croissante d’acteurs déjà associés à des négociations controversées avec des groupes armés ravive également de vieux souvenirs politiques. Ces dernières années, des figures comme l’ancien sénateur Moïse Jean-Charles, Guy Philippe et Claude Joseph avaient déjà été accusées d’entretenir des dynamiques politiques ambiguës autour de certains groupes armés dans le cadre des luttes pour le pouvoir.
Une question demeure désormais au centre de toutes les tensions :
Alix Didier Fils-Aimé quittera-t-il réellement le pouvoir le 7 juin ?
Serge Gabriel Colin réussira-t-il à rallier certains secteurs politiques, économiques, internationaux et armés afin de prendre le contrôle de la transition ?
Ou Haïti s’apprête-t-elle à replonger dans un nouveau marchandage politique pendant que les gangs continuent d’étendre leur domination sur le pays ?
Dossier à suivre.
Djovany Michel est journaliste d’investigation, PDG et rédacteur en chef de Satellite509, média indépendant et sans subvention, spécialisé dans la dénonciation de la corruption et de la mauvaise gouvernance. Il est l’actuel secrétaire général du Réseau Haïtien des Journalistes Anti-Corruption (RHAJAC).
Spécialités : gouvernance, corruption, géopolitique
Basé entre Haïti et la République dominicaine.
