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Haïti : contrats opaques – le Conseil des ministres peut contraindre Alix Didier Fils-Aimé à quitter le pouvoir pour atteinte à la souveraineté nationale

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Le temps du silence est révolu. Le Conseil des ministres dispose aujourd’hui des moyens politiques et des bases juridiques nécessaires pour obtenir la démission du Premier ministre de facto Alix Didier Fils-Aimé et empêcher un basculement encore plus profond du pays dans le chaos.

Au cœur de la crise, des contrats dénoncés comme criminels, engageant l’État pour des périodes allant de 10 à 50 ans, livrant des infrastructures stratégiques telles que l’aéroport national et exposant les ressources du pays. Ces décisions, qui mettent directement en péril la souveraineté nationale, placent chaque membre du gouvernement devant une responsabilité individuelle claire.

Le communiqué de la Primature du 7 février 2026 confirme que le pouvoir exécutif est exercé sous l’égide du Conseil des ministres.

Dans ce contexte, le décret du 7 février 2026, fondé sur l’article 249 de la Constitution de 1987, confère au Conseil des ministres un rôle central dans l’exercice du pouvoir exécutif en l’absence d’autorité présidentielle. Autrement dit, les ministres ne sont pas de simples exécutants : ils sont aujourd’hui co-détenteurs du pouvoir.

Dès lors, une majorité au sein du Conseil peut se constituer pour provoquer une rupture politique décisive et contraindre le Premier ministre à quitter ses fonctions. Ce scénario, loin d’être théorique, constitue l’un des rares leviers encore disponibles dans un système institutionnel affaibli.

Alix Didier Fils-Aimé

Mais au-delà du rapport de force, c’est un choix historique qui se pose. Continuer à cautionner, par action ou par silence, des décisions engageant l’avenir du pays, ou rompre clairement pour éviter d’être associés à une dérive majeure de gouvernance.

Une telle rupture ouvrirait la voie à un dialogue national réel, condition indispensable à la mise en place d’un gouvernement bicéphale capable de rétablir la sécurité, restaurer la confiance et organiser enfin des élections crédibles.

Dans ce moment critique, une vérité s’impose : se taire, c’est cautionner. Agir, c’est entrer dans l’histoire.

Djovany Michel est journaliste d’investigation, PDG et rédacteur en chef de Satellite509, média indépendant et sans subvention, spécialisé dans la dénonciation de la corruption et de la mauvaise gouvernance. Il est l’actuel secrétaire général du Réseau Haïtien des Journalistes Anti-Corruption (RHAJAC).

Spécialités : gouvernance, corruption, géopolitique

Basé entre Haïti et la République dominicaine.

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