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Le journaliste, Harold Vil blessé lors d’une protestation citoyenne contre le chef du gouvernement, Alix Didier Fils-Aimé

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​ La journée internationale des travailleurs a été marquée ce vendredi 1er mai 2026 par de vives tensions dans la capitale haïtienne. Entre répression policière et revendications sécuritaires, la mobilisation contre le gouvernement d’Alix Didier Fils-Aimé a franchi un nouveau palier de violence sur la route de Delmas.

​Alors qu’il couvrait les heurts pour le média Jacknews, le journaliste Harold Vil a été grièvement blessé au niveau du genou. Il a été atteint par une bonbonne de gaz lacrymogène tirée à bout portant par les forces de l’ordre lors d’une intervention musclée au carrefour menant à l’aéroport international Toussaint Louverture. Cet incident illustre la brutalité de la réponse policière face à une foule déterminée.

Photo du journaliste Harold Vil.

​Le point de friction majeur des manifestants demeure la fermeture prolongée de l’aéroport international. Une situation jugée « incompréhensible » alors que l’espace aérien est quotidiennement sillonné par des aéronefs militaires. ​Présent sur les lieux, l’avocat Me Iswick Théophin n’a pas mâché ses mots à l’encontre du Premier ministre, Alix Didier Fils-Aimé, le qualifiant de « bègwè ». Il accuse le chef du gouvernement de :

​Refuser d’assurer la cohésion sociale, de déroger aux principes de souveraineté nationale tout en ​livrant la gestion de l’aéroport à Erik Prince, fondateur de sociétés militaires privées, dans l’unique but de maintenir un pouvoir stérile.

​Le syndicaliste Roody St-Juste a, pour sa part, pointé du doigt un système de prédation vieux de 40 ans, parrainé par une frange du secteur des affaires. Selon lui, le gouvernement actuel se complait dans la « souffrance et la douleur » du peuple haïtien tout en échouant à garantir la sécurité minimale des citoyens.

​Débutée au carrefour de Delmas 32, la marche a dégénéré dès son arrivée à Delmas 31. Face aux multiples salves de gaz lacrymogènes, les manifestants ont riposté par l’érection de barricades de pneus enflammés. Malgré les tirs de sommation et l’usage massif de gaz lacrymogènes, la foule a maintenu sa progression jusqu’aux abords de la zone aéroportuaire.
​« Cette situation traduit un pouvoir acculé qui, faute de pouvoir répondre aux besoins essentiels, s’adonne à une oppression brutale pour museler la contestation », ont conclu plusieurs observateurs présents sur le terrain. Le bilan reste malgré tout tres inquiétant avec un professionnel de la presse blessé et un climat social plus inflammable que jamais.

JP

Djovany Michel est journaliste d’investigation, PDG et rédacteur en chef de Satellite509, média indépendant et sans subvention, spécialisé dans la dénonciation de la corruption et de la mauvaise gouvernance. Il est l’actuel secrétaire général du Réseau Haïtien des Journalistes Anti-Corruption (RHAJAC).

Spécialités : gouvernance, corruption, géopolitique

Basé entre Haïti et la République dominicaine.

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