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Reprise avortée entre Haïti et la République dominicaine : l’échec d’Alix Didier Fils-Aimé face aux intérêts économiques de Philippe Bayard, PDG de Sunrise Airways

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Annoncée pour le 1er mai 2026, la reprise des vols entre Haïti et la République dominicaine a échoué. Officiellement, faute de protocole. Officieusement, des intérêts économiques pourraient peser dans ce blocage.

La reprise des liaisons aériennes entre Haïti et la République dominicaine n’a pas eu lieu comme prévu. Les autorités invoquent l’absence de protocole opérationnel, confirmant une nouvelle fois l’incapacité de l’État à finaliser un dossier stratégique.

Photo de Philippe Bayard, aux côtés d’un avion de Sunrise Airways.

Mais au-delà de cet échec administratif, une autre lecture s’impose. Plusieurs sources du secteur aérien estiment que cette paralysie prolongée profite à certains acteurs, en particulier à la compagnie Sunrise Airways, dont le propriétaire, Philippe Bayard, conserve une position dominante sur certaines liaisons.

Selon ces mêmes sources, ce contexte d’instabilité, marqué notamment par la fermeture de l’aéroport international Toussaint Louverture et les blocages routiers, limiterait l’arrivée de concurrents et renforcerait de facto un quasi-monopole de Philippe Bayard, PDG de la compagnie Sunrise Airways.
Des accusations circulent également, selon lesquelles ce climat profiterait directement à ces intérêts économiques, avec la complicité du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, qui lui avait donné une assurance de 11 millions de dollars en juin 2025 pour continuer à fonctionner.

Aucun protocole n’a été finalisé, aucun vol n’a repris le 1er mai 2026, et l’État échoue une fois de plus à transformer ses annonces en résultats concrets.

Ce blocage pénalise le commerce, le tourisme et des milliers de voyageurs, tout en renforçant les interrogations sur la gestion du secteur aérien.

Il faut rappeler que cette décision a été prise à l’issue d’une rencontre tenue le 17 avril au parc industriel CODEVI entre les délégations du Ministère des Affaires étrangères et des Cultes et du Ministère des Relations extérieures.

Selon la déclaration conjointe, cette mesure permettra de rétablir les vols entre l’aéroport international du Cap-Haïtien et les aéroports dominicains, dans le but de faciliter la mobilité et de dynamiser les échanges économiques entre les deux pays.

Entre incapacité administrative et soupçons d’intérêts économiques, une question demeure : à qui profite réellement l’arrêt prolongé des vols entre Haïti et la République dominicaine ?

Djovany Michel est journaliste d’investigation, PDG et rédacteur en chef de Satellite509, média indépendant et sans subvention, spécialisé dans la dénonciation de la corruption et de la mauvaise gouvernance. Il est l’actuel secrétaire général du Réseau Haïtien des Journalistes Anti-Corruption (RHAJAC).

Spécialités : gouvernance, corruption, géopolitique

Basé entre Haïti et la République dominicaine.

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