Satellite509

Journal libre, Indépendant et sans Subvention.

Haïti : La Presse dans l’œil du cyclone, l’UJNH dénonce un « métier de sang »

3 min read

CAP-HAÏTIEN – À l’occasion de la Journée mondiale de la liberté de la presse ce 3 mai 2026, l’Union des Journalistes du Nord d’Haïti (UJNH) tire la sonnette d’alarme. Entre assassinats, enlèvements et agressions policières, les professionnels de l’information évoluent dans un climat de terreur, particulièrement dans le Grand Nord où l’impunité semble devenue la règle.

Dans une note officielle, l’UJNH a rendu un vibrant hommage aux journalistes qui, malgré un environnement de plus en plus hostile, refusent de se taire. L’organisation salue la rigueur de ceux qui continuent d’exercer pour garantir le droit à l’information, pilier vacillant d’une démocratie haïtienne en crise profonde. Selon les derniers rapports de Reporters sans frontières (RSF), Haïti a chuté de manière alarmante dans le classement mondial, se plaçant désormais parmi les pays les plus dangereux au monde pour la presse.

Note de presse de l’Union des Journalistes du Nord d’Haïti (UJNH), publiée le 3 mai 2026 à l’occasion de la Journée mondiale de la liberté de la presse, appelant à la protection des journalistes et au respect de la liberté d’expression.

L’UJNH exprime une vive préoccupation face à la multiplication des attaques ciblées dans le département du Nord. Pour rappel, en décembre 2025, les journalistes Herly Milien et Francely Estimable ont été sauvagement agressés au Cap-Haïtien par un policier accompagné d’agents municipaux. Plus récemment, en mars 2026, le journaliste Rudy Eveillard a été victime de violences policières gratuites, illustrant une dérive autoritaire où les forces de l’ordre se muent parfois en agresseurs.

Cette situation locale reflète un drame national. Rien que pour l’année 2024, au moins 14 professionnels des médias ont été tués en Haïti. Les noms de Mackenzy Natoux et Jimmy Jean, abattus en plein reportage à Port-au-Prince en décembre 2024, restent gravés dans les mémoires comme le symbole de cette presse prise en étau entre gangs et répression. Le climat actuel est marqué par une recrudescence des enlèvements, comme ceux d’Osnel Espérance et Junior Célestin en mars 2026, capturés par la coalition de gangs « Viv Ansanm ».

Face à ces dérives, l’UJNH appelle les autorités à sortir de leur mutisme et à prendre des mesures concrètes pour protéger les travailleurs de la presse. L’Union réaffirme son engagement à promouvoir l’éthique journalistique et exhorte tous les confrères à renforcer leur solidarité. <<« Sans protection réelle des journalistes, c’est l’essence même de la liberté citoyenne qui s’éteint, laissant place à un « désert de l’information » redouté par la communauté internationale »>>.

Djovany Michel est journaliste d’investigation, PDG et rédacteur en chef de Satellite509, média indépendant et sans subvention, spécialisé dans la dénonciation de la corruption et de la mauvaise gouvernance. Il est l’actuel secrétaire général du Réseau Haïtien des Journalistes Anti-Corruption (RHAJAC).

Spécialités : gouvernance, corruption, géopolitique

Basé entre Haïti et la République dominicaine.

Spread the love