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Haïti sous les drones : le pacte aveugle avec Erik Prince qui rate sa cible

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Le gouvernement haïtien s’enfonce dans une dérive sécuritaire aussi coûteuse qu’inefficace en confiant le ciel de Port-au-Prince aux drones armés d’Erik Prince. Ce contrat, signé avec le sulfureux fondateur de la société militaire privée Blackwater, suscite une profonde indignation. En déléguant la gestion de la violence d’État à un mercenaire étranger connu pour ses méthodes brutales, les autorités piétinent la souveraineté nationale et transforment la capitale en un terrain d’expérimentation technologique hors de tout contrôle légal.

Sur le terrain, l’inefficacité de cette stratégie technologique bondit aux yeux de tous. Les drones armés se révèlent totalement inaptes à résoudre une crise de guérilla urbaine où les cibles se fondent dans une densité démographique extrême. Incapables de faire la distinction entre un criminel et un passant, ces appareils multiplient les erreurs d’identification et n’offrent aucune solution durable pour désarmer les quartiers, transformant de simples opérations en fiasco tactique.

Erik Prince, fondateur de la société militaire privée Blackwater, lors d’une interview publiée le 4 juillet 2022, tournée dans les studios du Shawn Ryan Show animé par l’ancien Navy SEAL Shawn Ryan.

Le bilan de cette campagne aérienne est nul concernant le démantèlement des réseaux criminels. À ce jour, aucun chef de gang majeur n’a été neutralisé par ces frappes technologiques, et les principaux barons du crime continuent de régner sur leurs territoires en toute impunité. Cette absence totale de résultats concrets démontre que la technologie ne peut pas remplacer une véritable stratégie policière et judiciaire au sol.

Face à cette situation, l’urgence humanitaire est totale. Dans un communiqué daté du 14 mai 2026, Amnesty International a exprimé de graves préoccupations en matière de droits humains face à l’utilisation des drones armés en Haïti. Ana Piquer, directrice pour les Amériques à Amnesty International, estime d’ailleurs que cet usage « expose la population, en particulier les enfants, à un danger direct », confirmant que ce choix politique ne fait qu’aggraver le calvaire des civils.

Djovany Michel est journaliste d’investigation, PDG et rédacteur en chef de Satellite509, média indépendant et sans subvention, spécialisé dans la dénonciation de la corruption et de la mauvaise gouvernance. Il est l’actuel secrétaire général du Réseau Haïtien des Journalistes Anti-Corruption (RHAJAC).

Spécialités : gouvernance, corruption, géopolitique

Basé entre Haïti et la République dominicaine.

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